6 mars 201809:12

Allocution et réponse à la presse du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors de la conférence de presse conjointe suite à ses pourparlers avec la vice-Première Ministre et Ministre namibienne des Relations internationales et de la Coopération Netumbo Nandi-Ndaitwah, Windhoek, 5 mars 2018

415-06-03-2018

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Madame la Ministre,

Chers amis,

Mesdames et messieurs,

Je suis ravi de pouvoir mettre à profit l'invitation aimable de madame la Ministre en Namibie, en réponse à sa visite en Fédération de Russie il y a un peu plus d'un an.

La Russie accorde une importance particulière à ses relations, bonnes et amicales, avec la Namibie. Cette dernière est une partenaire fiable, avec laquelle nos liens ont passé l'épreuve du temps. Nos amis namibiens se rappellent bien - et nous l'apprécions grandement - que pendant les quelque 30 années qui ont précédé la proclamation de la souveraineté namibienne, la Russie a offert son aide diversifiée aux patriotes namibiens qui luttaient pour leur libération nationale sous la bannière de l'Organisation du peuple du Sud-Ouest africain (SWAPO).

Aujourd'hui, sur ce fondement solide qui a consolidé l'amitié et le respect mutuel de nos peuples, nous construisons nos relations dans des domaines très différents, de l'économie à la culture. Nous sommes convenus de soutenir le travail de la Commission intergouvernementale russo-namibienne pour la coopération commerciale et économique, que madame la Ministre copréside côté namibien. La dernière réunion de cette commission a conduit à de nombreuses décisions concrètes et très utiles dans des secteurs tels que l'industrie minière, l'agriculture, l'énergie, la pêche, le tourisme et la formation des cadres.

Nous avons exprimé aujourd'hui notre soutien commun aux efforts de nos milieux d'affaires visant à établir des contacts directs plus actifs et concerter des projets conjoints en Namibie. Nous nous sommes également accordés pour perfectionner notre base juridique. Un nombre important d'accords utiles, d'ententes intergouvernementales et de mémorandums interministériels restent toujours en cours d'élaboration et nous essaierons de finaliser rapidement leur concertation. 

Nous avons la même position concernant la démocratisation des relations internationales, le renforcement du rôle central et coordinateur de l'Onu et de son Conseil de sécurité. Dans ce contexte, l'objectif le plus important est, selon nous, de parvenir le plus rapidement possible à un consensus sur la réforme du Conseil de sécurité de l'Onu pour que les pays émergents soient mieux représentés au sein de cet organe responsable de la paix et de la sécurité internationales. Nous respectons la position de l'Union africaine sur cette question. 

Nos deux pays prônent la nécessité d'un règlement pacifique du grand nombre de conflits et de crises qui persistent malheureusement dans le monde, notamment au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Cela concerne la crise syrienne, les problèmes du Sahara occidental et, naturellement, les relations israélo-palestiniennes. La communauté internationale a adopté des décisions sur ces cas sous la forme de résolutions de l'Onu, ainsi que sur beaucoup d'autres situations de conflit, notamment en Afrique. La Namibie et la Fédération de Russie soulignent la nécessité absolue de respecter ces textes. Aujourd'hui, nous avons grandement apprécié la contribution de la Namibie au règlement de nombreux conflits en Afrique, au sein de l'Union africaine ou dans le cadre des structures régionales telles que la Communauté de développement d'Afrique australe.

Je voudrais remercier encore une fois mon homologue et espère que nous nous rencontrerons encore une fois en Fédération de Russie. Je vous invite en Russie.

Question: Le dossier syrien, d'une manière ou d'une autre, figure à l'agenda de votre tournée africaine. Ces derniers temps, la pression occidentale sur la Russie a atteint un niveau sans précédent. Les leaders des États-Unis, de la France et de l'Allemagne appellent à mettre fin aux opérations militaires dans la Ghouta orientale. Que pouvons-nous répondre? Faut-il réagir à ces appels?

Sergueï Lavrov: La Syrie est loin d'être le seul sujet en lien avec lequel on constate des pressions sur la Russie. Beaucoup d'autres questions d'actualité internationale sont considérées par certains comme un prétexte pour faire pression sur la Fédération de Russie. J'ai même entendu dire que la dernière vague de froid glacial en Europe serait due à des actions de notre pays.

Nous respectons toujours nos engagements. Quant à la Ghouta orientale, nous restons complètement, à 100%, attachés à la résolution 2401, adoptée unanimement par le Conseil de sécurité de l'Onu. La clause principale de ce texte exige que toutes les parties syriennes s'entendent sur le cessez-le-feu pour assurer une pause d'au moins 30 jours afin de livrer l'aide humanitaire. Nos partenaires occidentaux préfèrent ignorer ce paragraphe et insistent pour que - comme vous l'avez dit - le Gouvernement syrien arrête ses opérations de manière unilatérale et que la Russie cesse de le soutenir. En réalité, ces actions des autorités syriennes soutenues par la Russie visent à supprimer le Front al-Nosra, une organisation terroriste qui - conformément à la résolution adoptée par le Conseil de sécurité de l'Onu - n'est pas concernée par la proposition d'arrêter les opérations contre les combattants pendant la période de validité de la résolution. Il est donc absolument légitime de mener une lutte conséquente et intransigeante contre ce mouvement.

De plus en plus de témoignages indiquent que nos partenaires occidentaux voudraient sauver al-Nosra - qui change sans cesse de nom, ce qui ne modifie en aucune façon la nature de ce mouvement - car on constate une volonté de plus en plus évidente de revenir au plan B, c'est-à-dire à la tentative de renverser le régime de Damas. De plus en plus d'informations de sources différentes indiquent qu'un groupe étroit et non-inclusif formé par les Américains envisage de démembrer l'État syrien. Il s'agit d'une nouvelle preuve du manque de volonté de s'entendre chez nos partenaires occidentaux, dont la politique sur le terrain va à l'encontre des résolutions du Conseil de sécurité de l'Onu - ce qui ne les empêche pas de parler sans cesse de leur respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Syrie. Il faut travailler honnêtement. Malheureusement, nos collègues occidentaux n'en ont pas vraiment envie.       

 

 

 

 

 

 

 

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