28 septembre 201718:48

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, 28 septembre 2017

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Sur la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au Kazakhstan

 

Vendredi 6 octobre, à l'invitation du Ministre des Affaires étrangères du Kazakhstan Kairat Abdrakhmanov et à l'occasion du 25e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Russie et le Kazakhstan (22 octobre 1992), le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra en visite officielle au Kazakhstan.

Les chefs de la diplomatie de la Russie et du Kazakhstan aborderont les questions d'actualité relatives au partenariat russo-kazakh stratégique et à la coopération entre les deux pays dans le cadre des associations interétatiques comme l'Union économique eurasiatique (UEE), l'OTSC, la CEI, l'OCS, l'Onu et l'OSCE.

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera également au 4e Forum des diplômés du MGIMO.

 

Sur l'évolution de la situation en Syrie

 

En dépit des tentatives incessantes des extrémistes de faire échouer les accords conclus lors des réunions internationales sur la Syrie à Astana et de relancer la machine de la violence, dans l'ensemble la situation est jugée stable dans les zones de désescalade. Les pays garants du cessez-le-feu – la Russie, la Turquie et l'Iran – entretiennent des contacts réguliers afin de coordonner les efforts pour réduire la gravité de la situation militaro-politique provoquée par les offensives des terroristes de Hayat Tahrir al-Cham (ancien Front al-Nosra) à Idleb.

Pour contrer la menace et empêcher les nouvelles provocations, on a recours aux moyens et aux forces de l'aviation et de la marine russes, qui ont pour mission de stopper les terroristes et de leur infliger un maximum de dégâts. Ces tâches sont remplies avec succès. Les terroristes subissent d'importantes pertes d'effectifs et de matériel.

Les frappes ponctuelles des missiles d'aviation dans la région de Maarat al-Horma à Idleb sont un exemple de l'efficacité des actions des militaires russes. Et ces exemples sont nombreux. Le Ministère russe de la Défense présente ces informations très rapidement. Je préconise de consulter régulièrement le site officiel du Ministère russe de la Défense où sont publiées des données réellement exclusives.

Nous entendons et prenons note des déclarations des partenaires occidentaux qui disent que l'élimination de Daech en Syrie reste la priorité de leur politique. On voudrait y croire. Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en a parlé à plusieurs reprises. Cependant, il ne peut y avoir qu'un seul critère à ce sujet: l'établissement d'une coordination pratique et d'une coopération dans la lutte contre les terroristes, et une coopération honnête et réciproquement respectueuse pour contribuer au règlement politique au plus vite du conflit syrien en s'appuyant sur la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies. De notre côté, nous y sommes prêts, comme nous l'avons dit et confirmé plusieurs fois par les actes.

L'amélioration de la situation humanitaire en Syrie fait l'objet d'une attention particulière de notre part. Nous appelons les parties intéressées et qui ne sont pas indifférentes au sort de civils à intensifier l'aide humanitaire à la population syrienne souffrante, à contribuer à la reconstruction sans délai de l'infrastructure civile de la Syrie, à la création des conditions pour le retour des réfugiés syriens et des déplacés internes.

Ainsi, une situation catastrophique est constatée dans le camp de réfugiés de Rukban situé dans une "zone de sécurité" arbitrairement installée par les militaires américains autour d'al-Tanf au sud de la Syrie. Selon les estimations, jusqu'à 60 000 personnes y ont trouvé un asile. Le camp n'a pas reçu d'aide humanitaire pendant plusieurs mois. Une telle situation est évidemment inadmissible.

Moscou a noté la déclaration du vice-Président du Conseil des ministres syrien Walid Mouallem, Ministre des Affaires étrangères et de l'Immigration, selon qui Damas serait prêt à évoquer avec les Kurdes syriens la question de leur autonomie après la victoire définitive sur Daech. Nous saluons et soutenons les efforts du gouvernement syrien visant la réconciliation nationale et la création de conditions confortables pour la coexistence, dans le cadre d'une Syrie unie, des représentants de différents segments ethno-confessionnels de la société syrienne.

 

Sur le lancement du mécanisme humanitaire trilatéral en Syrie

 

Le mécanisme humanitaire trilatéral (Russie-Onu-Syrie), appelé à régler les problèmes urgents d'accès de la population à l'aide humanitaire, a commencé son travail à Damas.

Deux réunions du mécanisme ont déjà eu lieu les 19 et 25 septembre. Elles se sont déroulées avec la participation des représentants du gouvernement syrien, de la Société syrienne du Croissant-Rouge, du chef des structures de l'Onu basées à Damas et de la direction du Centre russe pour la réconciliation des belligérants. Les interlocuteurs ont évoqué le perfectionnement du système d'envoi de convois d'aide humanitaire dans les régions en ayant besoin et la simplification des procédures pour réaliser les opérations humanitaires dans les zones de désescalade. Il est prévu d'élaborer des propositions concrètes pour améliorer le contrôle de la répartition de l'aide humanitaire à la population dans les régions contrôlées par l'opposition armée.

Les participants au format trilatéral comptent sur un rétablissement pratique palpable de son travail en ce qui concerne la définition des paramètres concrets de réalisation des convois humanitaires, et la mise en place d'une coopération étroite entre l'Onu et la Société syrienne du Croissant-Rouge.

Nous sommes convaincus que le travail de la nouvelle structure contribuera à l'amélioration de la situation humanitaire dans le pays, et au traitement plus rapide des demandes d'aide humanitaire. De plus, elle servira d'aide à l'activité du Groupe humanitaire qui fonctionne dans le cadre du Groupe international de soutien à la Syrie. Ce format se réunit chaque semaine à Genève mais, malheureusement, sans la participation des représentants de la Syrie. Le mécanisme créé est appelé, entre autres, à compenser cette lacune significative.

 

Sur la loi sur l'éducation signée par le Président ukrainien Petro Porochenko

 

La loi ukrainienne sur l'éducation signée par le Président ukrainien Petro Porochenko lundi 25 septembre enfreint les principes fondamentaux fixés dans les documents de l'Onu, de l'OSCE et du Conseil de l'Europe, et elle est contraire aux engagements de l'Ukraine pris devant ces organisations internationales. Je voudrais appuyer ces propos par des exemples et des extraits de documents juridiques internationaux. Cela enfreint notamment les termes du Protocole 1 à la Convention européenne sur les droits de l'homme et les libertés fondamentales (art.2), la Convention-cadre du Conseil de l'Europe pour la protection des minorités nationales (art.14), et la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires (art.8).

Nous appelons les gouvernements de tous les pays à prendre des mesures efficaces pour faire annuler cette nouvelle loi.

Nous partons du principe que le Conseil des droits de l'homme, le Comité consultatif de la Convention-cadre du Conseil de l'Europe pour la protection des minorités nationales, le Comité des experts de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires et d'autres structures internationales compétentes donneront sans délai une appréciation objective à cet acte législatif - si on peut le qualifier ainsi.

Les nouveaux termes de la loi ukrainienne sont manifestement en contradiction avec les recommandations du Haut-Commissaire de l'OSCE pour les minorités nationales (HCM).

Les recommandations de La Haye du HCM sur les droits des minorités nationales à l'éducation de 1996 déterminent directement les droits des représentants des minorités nationales à recevoir une éducation dans leur langue natale dans le cadre de l'enseignement primaire, secondaire, professionnel et supérieur. Le document souligne que "le droit des représentants des minorités nationales à la préservation de leur identité ne peut être réalisé à part entière que s'ils reçoivent la connaissance nécessaire de leur langue natale pendant le processus éducatif".

Dans les recommandations de Ljubljana du HCM pour l'intégration des différentes communautés de 2012, il est noté que "les États doivent respecter le droit des personnes appartenant aux minorités d'apprendre leur langue ou de recevoir une éducation dans cette langue".

Le droit des minorités nationales à l'éducation dans leur langue natale a été fixé dans le Document de la Réunion de Copenhague de la Conférence du CSCE sur la dimension humaine de 1990 et dans le Rapport de la Réunion de Genève des experts du CSCE sur les minorités nationales de 1991. Au niveau international, l'importance des recommandations mentionnées "concernant l'éducation, l'implication de la société et les questions linguistiques" est reconnue dans le Document de la 11e réunion du Conseil des ministres de l'OSCE à Maastricht en 2003.

Je voudrais dire que, pour ne pas oublier ce que peut entraîner le mépris total des droits à l'identité culturelle de son propre peuple, je suggère au régime de Kiev et à ses responsables de regarder le film Crimée du réalisateur Alexeï Pimanov, dont la première a été diffusée hier à Moscou. C'est un film de fiction mais je pense qu'il serait un bon argument, entre autres, pour éveiller les gens qui adoptent de telles lois. L'histoire doit servir de leçon. Si Kiev a oublié des événements datant de seulement 3 ans, alors pour recouvrer la mémoire ses représentants peuvent regarder le film Crimée.

 

Sur le projet de résolution russe au Conseil de sécurité des Nations unies pour la mise en place d'une Mission de l'Onu visant à contribuer à la protection de la Mission spéciale d'observation de l'OSCE dans le sud-est de l'Ukraine

 

Nous avons noté qu'immédiatement après la présentation de ce projet de résolution aux membres du Conseil de sécurité des Nations unies et plus tôt, quand l'initiative russe a été annoncée pour la première fois, elle a été immédiatement déformée par de nombreux médias ukrainiens et présentée de manière complètement différente, malheureusement. L'idée initiale a été immédiatement retournée. C'est pourquoi nous revenons si souvent à ce thème précisément pour expliquer clairement l'idée de départ de ce projet de résolution et la position de la Russie.

Vous le savez que l'un des principaux obstacles au règlement du conflit ukrainien intérieur est la garantie de la sécurité des observateurs de l'OSCE. Nous l'avons entendu plusieurs fois, y compris des représentants du régime de Kiev. Dans ce contexte, la Russie a soumis le 5 septembre au Conseil de sécurité des Nations unies un projet de résolution prévoyant que la Mission spéciale d'observation (MSO) de l'OSCE procède à un suivi permanent sur la ligne de démarcation, et proposant de déployer des hommes de l'Onu avec des armes d'infanterie pour la protéger.

Le 11 septembre, les paramètres de la Mission de l'Onu ont été évoqués par le Président russe Vladimir Poutine et la Chancelière allemande Angela Merkel.

D'après nous, il est fondamental que la Mission de l'Onu pour la protection ne se substitue pas aux formats actuels du processus de paix – le Groupe de contact et le Format Normandie – ou entre en concurrence avec la MSO de l'OSCE en matière de surveillance - à laquelle elle procède conformément aux Accords de Minsk.

De plus, pour déployer la Mission, il faut respecter plusieurs conditions importantes: 1) son mandat doit être clairement limité en termes de fonctions et doit servir uniquement à garantir la sécurité du personnel de l'OSCE, 2) l'envoi de la Mission ne pourra avoir lieu qu'après la séparation des forces et le retrait du matériel lourd, 3) l'accord obligatoire des belligérants – aussi bien des autorités officielles de l'Ukraine que de républiques autoproclamées DNR et LNR. C'est une position claire qui a déjà été exprimée par les autorités russes et qui constitue la base des approches russes formulées dans le projet de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies.

Les exigences ukrainiennes de déployer des casques bleus sur l'ensemble du territoire des Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk et notamment, insiste Kiev, le long de la frontière avec la Russie, et de leur attribuer un mandat "à part entière", selon nous, mènent clairement à la fracture des formats existants de règlement et changent la succession des étapes prévues par les Accords de Minsk. Je voudrais rappeler également que conformément à ce document, le rétablissement du contrôle total de Kiev à la frontière est une étape finale du processus de paix et ne sera possible qu'après la mise en œuvre de toutes les conditions des Accords, y compris politiques. Je voudrais rappeler également ce que Kiev cherche tant à oublier: ce document a été signé par le dirigeant de l'Ukraine.

 

 Sur le refus de laisser entrer la journaliste Daria Aslamova sur le territoire moldave

 

Mardi 26 septembre, les autorités moldaves ont empêché une nouvelle fois un journaliste russe – en l'occurrence la journaliste de Komsomolskaïa Pravda Daria Aslamova – d'entrer sur le territoire moldave. Bien qu'elle soit arrivée à l'invitation du Président moldave Igor Dodon, elle a été littéralement attrapée sans lui permettre de s'orienter et amenée sans être notifiée, conformément aux règles en vigueur, de la violation de ses droits.

Nous sommes entièrement d'accord avec Igor Dodon qui qualifie ces faits de "nouvelle démarche hostile du gouvernement (moldave) envers la Fédération de Russie".

De notre côté, nous avons immédiatement saisi le Représentant de l'OSCE pour la liberté des médias Harlem Désir pour donner une estimation professionnelle aux actions révoltantes des autorités moldaves, qui sapent les principes fondamentaux de la liberté d'expression. Nous avons également envoyé une note appropriée au ministère des Affaires étrangères de ce pays.

Je voudrais dire que les articles de Daria Aslamova ne semblent pas toujours "roses" au Ministère russe des Affaires étrangères. Elle a parfois le verbe incisif. Mais avant tout, nous voyons en elle une journaliste, une personne qui exerce professionnellement son activité réglementée par la loi et non par la conjoncture politique, les querelles politiques intérieures ou encore l'arbitraire absolu des gens qui représentent la police, le pouvoir et ainsi de suite. S'il existe des reproches quant au travail de la journaliste et à ses articles, il faut les régler conformément à la loi: écrire des démentis, donner des interviews, inviter, expliquer, montrer et raconter, mais ne pas agir tel que c'est fait à l'encontre des journalistes russes dans certains États. Malheureusement, c'est devenu une tendance très négative.

 

Sur les reproches américains faits à la Russie concernant le Traité Ciel ouvert

 

Ces derniers jours, nous avons noté que les médias répétaient l'information selon laquelle les USA, se référant à de prétendues "violations russes du Traité Ciel ouvert", auraient l'intention d'engager différentes démarches pour compliquer nos vols d'observation au-dessus de leur pays. Nous voudrions aujourd'hui comprendre et vous informer de quelles "violations" concrètes il est question, et quelle et notre position par rapport à ces accusations.

Si nous comprenons bien, Washington accuse la Russie de trois "violations".

Premièrement. La Russie aurait restreint l'activité des vols d'observation au-dessus de la région de Kaliningrad de manière illégitime. Du point de vue des USA, cela ne permet pas de surveiller tout le territoire de notre pays en effectuant le nombre de vols convenu, et cela réduit l'efficacité de l'observation. De plus, les pays de l'Otan nous reprochent une certaine volonté de "cacher" de prétendus sites militaires près de Kaliningrad aux caméras des avions du ciel ouvert.

En réalité, les choses sont bien plus simples. Certains de nos partenaires, ayant le droit d'effectuer des vols d'observation jusqu'à 5 500 km, l'ont utilisé en grande partie précisément au-dessus de la région de Kaliningrad en le survolant en long et en large, créant ainsi des problèmes pour l'usage de l'espace aérien restreint de la région et pour le fonctionnement de l'aéroport international de Khrabrovo. Nos tentatives de s'entendre avec eux sur une certaine retenue n'ont pas abouti. C'est pourquoi nous avons dû limiter les frais en annonçant la distance maximale des vols au-dessus de la région de Kaliningrad (500 km). Cela n'est pas en contradiction avec le Traité ni avec les décisions prises par la suite par ses membres. Sachant que la portée totale du vol, je le souligne, reste la même (5 500 km), autrement dit la couverture du territoire russe reste la même. Et la portée de 500 km permet, dans le cadre de chaque vol au-dessus de Kaliningrad, d'observer tout point, même le plus éloigné, ce qui signifie que l'efficacité initiale de l'observation est maintenue.

D'ailleurs, Washington avait établi exactement de la même manière une portée spéciale pour son enclave de l'Alaska dans le cadre des vols d'observations partant de la partie continentale des USA.

J'aime bien quand nos collègues américains, qui expriment entre autres ces reproches, disent qu'ils sont à leur poste depuis peu de temps et ne savent pas tout. Si vous ne savez pas: nous sommes prêts à aider, adressez-vous à nous.

Deuxièmement. Nous sommes accusés d'avoir illégitimement refusé des vols d'observation dans la bande de 10 km de large le long de la frontière avec les "régions géorgienne" – l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud.

Cette question découle des divergences politiques. Dans le Traité Ciel ouvert, il est écrit que "l'itinéraire de vol de l'avion d'observation ne passe pas à moins de 10 km de la frontière d'un État voisin qui n'est pas membre du Traité". Pour nous, comme pour bien autres pays, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud (je l'explique à ceux qui ont pris récemment leurs fonctions aux USA) ne sont pas des "régions géorgiennes" depuis 2008, mais des États indépendants auxquels s'applique parfaitement cette disposition. Les causes sont bien connues. Et si certains de nos partenaires n'arrivent toujours pas à se faire aux réalités politiques actuelles dans le Caucase, ce n'est pas notre problème. En tout cas, ce n'est certainement pas une "violation" du Traité.

D'ailleurs, sous un prétexte politisé, la Géorgie a complètement cessé d'accueillir les vols d'observation russes, or c'est précisément une grossière violation d'un terme clef du Traité Ciel ouvert. Mais pour une raison qu'on ignore, les partenaires occidentaux ferment les yeux et n'expriment aucun reproche à Tbilissi.

Troisièmement. Nous sommes accusés d'utiliser illégitimement des références à des cas de force majeure pour apporter des changements au plan de vol d'observation convenu, à cause des déplacements des dirigeants du pays à proximité des itinéraires prévus.

C'est l'accusation la plus absurde car de toute l'histoire du Traité (2002) cela ne s'est produit qu'une seule fois, il y a plusieurs années. Depuis, cette question a été évoquée avec nos partenaires et nous avons convenu que la priorité du déplacement des dirigeants, qui existe également chez d'autres pays membres, pouvait être assurée sans se référer au cas de force-majeure. A première vue, la question est réglée et il est temps de l'oublier. Mais la tentation est visiblement trop forte d'avancer le plus grand nombre possible de reproches pour justifier sa théorie, même si le résultat est complètement insensé.

Pourquoi? D'un côté, cela s'explique manifestement par la volonté de détourner l'attention des cas effectivement graves de violation du Traité par les USA eux-mêmes, leurs alliés et "protégés". Ces cas sont nombreux, la liste occupe toute une page. Les cas les plus graves concernent l'interdiction (directe ou indirecte) d'observer l'ensemble du territoire ou des régions entières de certains États membres. Mais une fois de plus, Washington préfère ne pas le voir.

D'un autre côté, il pourrait également s'agir d'une attitude négative de certains congressistes et du sommet militaro-politique des USA envers le Traité même.

Quoi qu'il en soit, une telle approche de Washington ne promet rien de bon pour l'avenir du Traité, et nous en avons très sérieusement averti nos partenaires.

En parlant des mesures prises par les États-Unis qui, comme l'écrivent les médias, sont appelées à compliquer les vols d'observation russes au-dessus de l'Amérique… Nous les analyserons également sous le prisme de leur conformité avec le Traité. Nous analyserons et nous prendrons une décision sur nos propres démarches appropriées, le principe de réciprocité restant en vigueur dans les relations internationales. Et il n'est pas prouvé qu'au final les USA sortiront gagnants. Quoi qu'il en soit, Washington n'arrivera certainement pas à obtenir des avantages unilatéraux.

Encore une fois, je souligne que la confrontation n'est pas notre choix. C'est pourquoi nous suggérons aux partenaires américains de ne pas se lancer dans un nouveau fossé de mesures et de contremesures, mais de s'arrêter (avant que les démarches annoncées n'entrent en vigueur) et rechercher de manière dépolitisée une solution mutuellement acceptable aux problèmes du Traité. Tout en sachant qu'on ne tiendra pas compte uniquement des préoccupations et des intérêts des USA.

 

Sur la situation en Catalogne

 

Nous considérons la situation en Catalogne comme une affaire intérieure de l'Espagne. Nous estimons que l'évolution de la situation autour de la question catalane doit se dérouler strictement dans le cadre de la législation espagnole en vigueur. Nous analysons le "référendum sur l'indépendance" prévu par les autorités catalanes le 1er octobre, tout comme les autres initiatives unilatérales des législateurs locaux, dans le contexte des décisions prises en la matière par la Cour constitutionnelle de l'Espagne.

Dans nos relations avec l'Espagne, nous partons du principe inconditionnel de respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de ce pays.

Je voudrais également rappeler que nous avons déjà commenté en détail ce sujet, et attirer votre attention sur les déclarations du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et du porte-parole du Président russe Dmitri Peskov.

 

Sur le 120e anniversaire des relations diplomatiques russo-thaïlandaises

 

Cette année marque le 120e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques avec le Royaume de Thaïlande après la signature d'un accord le 3 juillet 1897 durant la visite du Roi Rama V dans notre pays.

Conformément à la directive du gouvernement russe, un groupe de travail interministériel a été formé, qui a préparé le plan des festivités solennelles. En particulier, les ministres des Affaires étrangères des deux pays ont échangé des vœux en juillet , le Ministère russe des Affaires étrangères a participé au vernissage d'une exposition de documents d'archives et d'informations sur l'histoire des relations bilatérales, et un timbre postal anniversaire commun a été émis.

A l'occasion de cette date anniversaire a eu lieu une visite de travail en Thaïlande du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en août. Fin septembre-début octobre est attendue la venue dans notre pays de la princesse de Thaïlande Maha Chakri Sirindhorn, sœur cadette du Roi de Thaïlande.

En outre, plusieurs activités culturelles ont été organisées. En septembre, Bangkok a accueilli les représentations du Théâtre d'opéra et ballet d'Ekaterinbourg. En octobre, à Saint-Pétersbourg, est prévue la prestation du théâtre traditionnel de masques thaïlandais.

Ce programme riche de célébration de l'anniversaire des relations russo-thaïlandaises confirme l'aspiration réciproque à renforcer la coopération diversifiée, l'entente mutuelle et les liens amicaux traditionnels entre les peuples de nos deux pays.

 

Sur le vol charter direct à destination des îles Kouriles

 

Les 23 et 24 septembre, conformément à l'accord entre le Président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre japonais Shinzo Abe, un vol charter direct est parti à destination des Kouriles du Sud – les îles Kounachir et Itouroup. Il a transporté les anciens habitants japonais de ces îles vers les tombes de leurs parents. Les participants japonais au voyage étaient répartis en deux groupes: le premier s'est rendu à Kounachir, le second à Itouroup.

Ce voyage devait initialement durer une journée et les deux groupes étaient censés rentrer au Japon dans la soirée du 23 septembre. Mais la météo a apporté ses changements et en raison des conditions météorologiques défavorables, l'avion avec le groupe japonais se rendant d'Itouroup n'a pas pu atterrir à Kounachir et a dû se rendre à Ioujno-Sakhalinsk. Grâce aux efforts de l'administration de la région de Sakhaline, les membres du groupe japonais ont été logés dans un hôtel et nourris. L'autre groupe japonais a passé la nuit dans la Maison de l'amitié russo-japonaise située à Kounachir. Le lendemain, même si les conditions météorologiques restaient difficiles, l'avion a pu atterrir à Kounachir, puis les deux groupes sont revenus à Hokkaido.

L'organisation de ce vol illustre la bonne foi et l'attention accordée par la Russie aux questions sociales liées aux anciens habitants japonais des Kouriles du Sud, et démontre l'accomplissement des accords conclus par les dirigeants de nos deux pays.

 

Sur les Journées de Moscou en septembre en Italie

 

Les Journées de Moscou se sont déroulées avec grand succès dans plusieurs villes du nord de l'Italie, du 18 au 22 septembre. Le principal organisateur était le gouvernement de la capitale russe. Le programme incluait de nombreuses activités socioculturelles, ainsi que des rencontres au niveau des autorités municipales et des milieux d'affaires à Venise (18 septembre), Bolzano (19 septembre), Milan (19-21 septembre) et Gênes (22 septembre).

Dans le cadre des Journées de Moscou ont été organisés des concerts de l'orchestre Virtuoses de Moscou sous la direction de Vladimir Spivakov, du Chœur Touretski, du Corps musical des cadets de Moscou, des diffusions de films, des expositions photo, des présentations du potentiel touristique de Moscou et de la Coupe du monde de football 2018 qui se tiendra en Russie.

J'ai l'impression que même mon visage change à la lecture de telles nouvelles, à tel point elles me font plaisir. Je pense qu'elles doivent être plus nombreuses.

Une attention particulière a été accordée aux activités sportives et de jeunesse, dont une séance de jeu d'échecs en simultané avec la participation d'Anatoli Karpov (à Milan), des matchs amicaux de football entre des équipes juniors (Milan, Gênes) et de basketball (Venise). Milan et Venise ont accueilli des forums d'affaires qui ont permis de présenter le potentiel économique et d'investissement de Moscou.

Durant les entretiens avec des représentants du gouvernement de Moscou, les autorités municipales locales ont exprimé leur aspiration unanime à renforcer les liens avec la capitale russe dans différents domaines, les hommes d'affaires ont confirmé leur disposition à approfondir les échanges commerciaux et économiques avec notre pays, la mise en œuvre de projets d'investissement sur son territoire. Les partenaires italiens à tous les niveaux ont montré leur attitude amicale envers la Russie et se sont également prononcés pour l'annulation des sanctions antirusses et la reprise au plus vite d'une coopération russo-italienne à part entière.

 

Sur le déroulement des Rencontres de Saint-Pétersbourg à Tallinn

 

Les traditionnelles Rencontres de Saint-Pétersbourg se sont déroulées à Tallinn du 19 au 21 septembre avec la participation d'une délégation représentative de l'administration de Saint-Pétersbourg. Pendant son séjour dans la capitale estonienne ont été évoquées les questions concrètes d'intérêt mutuel, notamment dans les domaines de la culture, de l'éducation et du sport, des technologies de l'information, du logement et de la construction urbaine.

Cet événement, qui se déroule pour la 17e fois, a montré à nouveau le maintien d'un intérêt mutuel pour le développement d'une coopération russo-estonienne interrégionale constructive en dépit des tentatives des autorités de Tallinn d'imposer à la société une attitude hostile envers notre pays.

 

Sur la déclaration du Département d’État américain concernant Nikolaï Semena

 

Vous le savez, Washington a de nouveau déclaré et montré qu'il ne respectait pas une expression démocratique libre ne correspondant pas aux notions américaines. Le Département d’État américain a encore répété dans une déclaration publique sa thèse de l'"occupation" de la Crimée, dont les habitants ont pourtant décidé de leur sort il y a trois ans lors d'un référendum populaire par la grande majorité des voix, après le coup d’État anticonstitutionnel en Ukraine.

Cette fois, cette réplique du Département d’État américain fait suite à la condamnation de Nikolaï Semena par le tribunal de Simféropol. Pour avoir appelé au blocus de la péninsule avec l'usage de la force ce citoyen, qui a collaboré avec la machine de propagande américaine, a été condamné à deux ans et demi de prison avec sursis. Un appel au blocus. Or vous imaginez ce qu'est un blocus parce que la Crimée en a déjà subi un - énergétique. Nous nous souvenons des conséquences et des efforts qui ont été nécessaires pour faire revenir la péninsule à la vie normale. Cet appel est complètement illégal du point de vue de la législation mondiale, et dans de nombreux documents signés par les principales puissances les appels au blocus ou les blocus (énergétique, alimentaire, etc.) sont assimilés à des actes terroristes. Je le répète, le Département d’État américain n'a pas du tout remarqué cet appel au blocus de ses propres compatriotes. Comme s'il n'avait jamais existé. On a l'impression que le verdict, qui a été jugé très souple et indulgent par de nombreux experts, a même déçu nos partenaires car il n'a pas permis de faire une déclaration supplémentaire sur la gravité de la sanction. Je voudrais noter que si un tel appel - imaginons une seconde - était fait sur le territoire américain (par exemple, au blocus d'un État aux USA, d'un territoire ou d'un groupe de population), il n'y aurait pas de peine avec sursis: la sentence serait réelle et de longue durée.

C'est un nouvel exemple des tentatives systématiques des USA de s'ingérer dans nos affaires intérieures, de donner des directives à nos tribunaux, de dicter ce qu'il faut faire et comment construire la politique nationale. Honnêtement, on ne comprend pas pourquoi, aux USA, l'ingérence dans la vie d'autres États est jugée admissible.

 

Sur les exigences des USA d'enregistrer Russia Today America comme "agent étranger"

 

Nous avons commenté à plusieurs reprises l'attitude, aux USA, non seulement des politiciens et des représentants officiels, mais également des structure de force envers les médias et les journalistes russes.

Les USA exigent que la compagnie qui opère pour Russia Today America sur leur territoire soit enregistrée en tant qu'agent étranger. C'est d'abord, évidemment, une politique de deux poids deux mesures. C'est ainsi que la situation pourrait être caractérisée si elle n'était pas bien plus sérieuse, multicouche et profonde.

Le fait est que toutes les exigences formulées à l'heure actuelle vis-à-vis de la chaîne Russia Today et de Sputnik vont à l'encontre des principes américains de liberté d'expression.

Premièrement, l'application sélective et notoirement politiquement engagée de la loi envers les médias russes signifierait une restriction de la liberté d'expression qui, vous le savez, est garantie par la constitution américaine.

Deuxièmement, l'application du FARA (Foreign Agents Registration Act) envers Russia Today risque d'entraîner de sérieuses conséquences juridiques et représente des risques pour la sécurité des collaborateurs de ce média. L'engagement de dévoiler les données internes de la chaîne, y compris, je souligne, l'emploi du temps et les données personnelles de ses collaborateurs, dans l'atmosphère de "chasse aux sorcières" qui règne aux USA, pourrait représenter une menace réelle.

Troisièmement, les accusations selon lesquelles Russia Today répandrait la "propagande russe" ont commencé après la publication d'un rapport infondé des renseignements américains sur l'ingérence dans les élections. La chaîne Russia Today y est mentionnée plus de 100 fois, mais parmi les "preuves" de son ingérence dans les élections on ne cite pas le moindre exemple. On n'a rapporté aucune fake news qui aurait été diffusée par la chaîne russe sur le territoire américain. Ils n'en ont pas trouvé, et pour cause: elles n'existent pas. En revanche, certaines choses ont pu déplaire. Mais aucune preuve de ce dont on l'accusait n'a été avancée.

Quatrièmement, les attaques systématiques des dirigeants occidentaux et des structures loyales contre la chaîne se sont intensifiées ces dernières années. Ainsi, le Conseil de l'Atlantique, étroitement lié à l'Otan, a publié un rapport suggérant à la Pologne d'inscrire Russia Today sur la liste des sites potentiels pour les cyberattaques. Cette même organisation cherche activement à faire inscrire Russia Today sur la liste des agents étrangers.

Cinquièmement, de nombreux sites d'information russophones ayant des auditeurs en Russie, y compris américains, bénéficient d'un financement américain. Néanmoins, ils ne sont pas encore considérés comme des agents étrangers, cachent les sources de leur financement et ne s'enregistrent pas en tant qu'agents étrangers.

Pour résumer ce commentaire, je voudrais dire que la Russie est attachée à toutes les règles internationales et aux normes en matière de liberté d'expression, ce qu'elle a prouvé à plusieurs reprises. Quand on commence des "combats sans règles", qu'on déforme la loi pour en faire un instrument de destruction d'une chaîne, il faut savoir que chaque action envers les médias russes fera l'objet d'une réaction appropriée. Et c'est à Washington de bien calculer qui sera visé par cette réaction. Le décompte est lancé.

 

Sur l'anniversaire des accords de Munich

 

Le 30 septembre est, malheureusement, l'une des dates les plus tragiques de l'histoire mondiale. Ce jour-là, en 1938 à Munich, les premiers ministres du Royaume-Uni et de la France, Neville Chamberlain et Edouard Daladier, ont signé avec Adolf Hitler et Benito Mussolini les accords de Munich sur la remise à l'Allemagne de la région tchécoslovaque des Sudètes. Les représentants de la Tchécoslovaquie étaient formellement présents dans la salle au moment de la signature de ce document, uniquement pour le signer sous la pression. La Pologne et la Hongrie ont également participé à ce partage sans cérémonie de la Tchécoslovaquie.

La science historique considère les accords de Munich de facto comme une capitulation des pays d'Europe occidentale face au nazisme montant en puissance. En renonçant de lutter avec l'URSS contre le national-socialisme allemand,  les dirigeants des puissances d'Europe occidentale ont choisi la tactique de pacification de l'agresseur, pensant qu'ils pourraient écarter la menace pesant sur eux et diriger la machine de guerre allemande vers l'est. Le jour même, le 30 septembre 1938, le Premier ministre britannique Neville Chamberlain a signé avec Adolf Hitler un pacte de non-agression, et trois mois plus tard, le 6 décembre, la même déclaration a été signée entre l'Allemagne et la France.

De facto, ce sont les accords de Munich qui ont permis à Adolf Hitler de déclencher la Seconde Guerre mondiale, qui a tourné à la catastrophe à l'échelle planétaire et a apporté d'innombrables malheurs à toute l'humanité, notamment aux peuples de l'ex-URSS, qui a sacrifié presque 30 millions de ses citoyens sur l'autel de la victoire contre la "peste brune".

Des efforts incroyables de toutes les forces progressistes de l'humanité et la formation de la coalition antihitlérienne ont été nécessaires pour faire face à l'agresseur, défaire Hitler et libérer l'Europe. L'idéologie de haine et la pratique du nazisme ont été proclamées criminelles par le procès de Nuremberg.

Nous estimons que les événements du 30 septembre 1938 doivent servir d'éternel avertissement face au résultat des tentatives de manipulation politique de l'opinion publique, d'un flirt avec le nazisme et d'une complaisance infantile envers le néonazisme qui continue de renaître en prenant, malheureusement, de nouvelles formes dans l'espace européen.

 

Réponses aux questions:

Question: Une réunion des actionnaires de la compagnie Rosneft se tiendra demain à Saint-Pétersbourg. L'ex-chancelier allemand Gerhard Schröder pourrait devenir président du conseil d'administration de cette compagnie. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: Cela n'a rien à voir avec le Ministère russe des Affaires étrangères.

Question: Il y a une grande polémique à ce sujet dans les médias allemands.

Réponse: Les médias allemands ont de quoi s'occuper et ils en parlent. Cela n'a rien à voir avec le Ministère russe des Affaires étrangères.

Question: Récemment le représentant spécial de l'Assemblée parlementaire de l'OSCE pour le Caucase du Sud a rappelé durant sa visite en Azerbaïdjan que l'année 2018 marquerait le 25e anniversaire de la formation du Groupe de Minsk de l'OSCE et a déclaré que sa composition pourrait être modifiée à cette occasion. En parallèle, les USA ont annoncé la suppression des émissaires spéciaux chargés du conflit du Haut-Karabagh au sein du Groupe de Minsk de l'OSCE. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: Je n'ai pas d'information concernant d'éventuels changements. Je demanderai des précisions aux experts et je vous fournirai des informations détaillées.

Le rôle de la Russie dans ce conflit et les bases de notre position n'ont pas changé.

Question: On voudrait connaître le contenu, le lieu et l'heure du déroulement des pourparlers entre l'Ambassadeur itinérant du Ministère russe des Affaires étrangères Oleg Bourmistrov et la directrice du Département Amérique du Nord du Ministère nord-coréen des Affaires étrangères Choe Son Hui. Quel est l'objectif de ces consultations?

Réponse: Vendredi 29 septembre à Moscou, l'Ambassadeur itinérant du Ministère russe des Affaires étrangères Oleg Bourmistrov et la directrice du Département Amérique du Nord du Ministère nord-coréen des Affaires étrangères Choe Son Hui échangeront leurs avis concernant la situation sur la péninsule coréenne et en Asie du Nord-Est.

C'est toute l'information que je peux partager avant le début de l'entretien. A son issue, nous vous informerons via un communiqué de presse sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères.

Question: Le Ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a déclaré que les autorités américaines ne cherchaient à remporter la victoire sur Daech en Syrie. Selon lui, il est plus important pour les USA d'empêcher que les autorités syriennes rétablissent le contrôle sur la frontière avec l'Irak. Il a souligné que Téhéran souhaitait un règlement pacifique de la crise syrienne, en ajoutant que l'Iran avait des objectifs différents de ceux des USA. Que pouvez-vous dire au sujet de cette déclaration?

Réponse: Quels objectifs les USA poursuivent-il en Syrie, contrairement à l'Iran? C'est une question qui s'adresse à Téhéran, c'est le Ministre iranien des Affaires étrangères qui commente la différence d'approche entre Téhéran et Washington.

J'ai déjà évoqué l'approche russe du processus de paix en Syrie, les craintes ou les divergences avec les USA. Nous partons du fait que les objectifs antiterroristes déclarés par Washington, les activités antiterroristes menées par les USA, correspondent aux objectifs annoncés. Nous l'espérons et pensons que c'est ainsi que cela doit être. En ce qui concerne la position de Téhéran, cette question s'adresse à la partie iranienne.

Question: A ce que je sache, pendant l'entretien du Président russe Vladimir Poutine avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe, il a été convenu qu'une autre mission d'affaires serait envoyée sur les îles Kouriles. Pouvez-vous dire quand elle est prévue?

Réponse: Vous le savez, un vaste plan a été prévu et il est mis en oeuvre. Je demanderai des précisions sur la date concrète et nous vous l'annoncerons.

Question: Concernant la visite en Russie de la directrice du Département Amérique du Nord du Ministère nord-coréen des Affaires étrangères Choe Son Hui. La radio Free Asia a annoncé aujourd'hui qu'en octobre était attendue la rencontre des représentants du Ministère nord-coréen des Affaires étrangères et du milieu d'experts américains avec la participation de Choe Son Hui. De quoi la Russie voudrait-elle faire part à la partie nord-coréenne durant l'entretien de demain avant la prochaine réunion prévue?

Réponse: J'ai déjà tout dit concernant l'entretien de demain. Nous vous informerons à son issue. Vous connaissez parfaitement nos approches du processus de paix: elles n'ont pas changé.

J'ai également lu que l'entretien de demain serait "secret". Comme vous le comprenez, ce n'est pas le cas. D'ailleurs, nous venons d'en parler. Ces derniers jours, nous avons confirmé son déroulement en répondant à la presse. Simplement, les entretiens de ce niveau n'impliquent pas une invitation des médias pour un enregistrement protocolaire. De tels entretiens – au niveau des experts – se déroulent généralement sans enregistrement protocolaire.

Question: Des médias turcs, se référant à des sources de Deir ez-Zor, ont rapporté le kidnapping de deux colonels russes. Avez-vous des informations à ce sujet?

Réponse: J'ai vu ces annonces avant la conférence de presse, je n'ai pas encore de confirmation ou de démenti. Elles doivent être vérifiées.

Question: Le représentant de la région autonome du Kurdistan Hoshawi Babakr a déclaré que si la Turquie interrompait de son côté le transit de pétrole depuis la région, la Russie aiderait les Kurdes à le vendre. Que pouvez-vous dire à ce sujet? Et est-ce que Moscou reconnaît les résultats du référendum en Irak?

Réponse: En ce qui concerne le référendum au Kurdistan irakien, je voudrais avant tout attirer votre attention sur notre commentaire détaillé paru sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères le 27 septembre. Il stipule que dans la région autonome kurde de l'Irak s'est tenu un référendum sur l'indépendance de cette entité territoriale nationale. Le vote a eu lieu aussi bien sur le territoire de l'autonomie elle-même que dans les régions voisines des provinces irakiennes Diyala, Ninive et Taamim qui se trouvent sous le contrôle des groupes armés kurdes.

Selon les informations préliminaires, plus de 90% des votants se sont prononcés pour l'indépendance. Si nous comprenons bien, le dépouillement s'est terminé aujourd'hui. Je pense que les résultats correspondent aux informations préliminaires.

Suite au référendum, la Russie a annoncé sa position fondamentale selon laquelle il est nécessaire et très important d'éviter tout ce qui pourrait davantage compliquer et déstabiliser le Moyen-Orient, qui est déjà surchargé de situations conflictuelles. Notre soutien de la souveraineté, de l'unité et de l'intégrité territoriale de l'Irak et d'autres pays du Moyen-Orient.

Moscou respecte les aspirations nationales des Kurdes. Nous partons du fait que toutes les questions litigieuses entre les autorités fédérales de l'Irak et le gouvernement de la région autonome kurde peuvent et doivent être réglées par un dialogue constructif et respectueux visant à élaborer une formule mutuellement acceptable de coexistence dans le cadre d'un État irakien uni.

Je peux ajouter que nous suivons attentivement la situation, nous observons l'évolution des événements dans ce pays. Bien sûr, si la situation changeait et évoluait dans un sens ou dans l'autre, nous la commenterions rapidement.

En ce qui concerne la question du pétrole, je n'ai pas vu de telles déclarations. Je pense que la Russie doit parler pour elle-même. Je ne pense qu'il faut s'appuyer sur de telles déclarations.

Question: Ma question concerne la démolition du mausolée marquant l'emplacement d'une fosse commune à Trzcianka (voïvodie de Grande-Pologne). Cela fait plusieurs semaines que le mausolée a été démantelé, mais les autorités polonaises continuent d'affirmer qu'il n'y avait pas de fosse commune à cet endroit, qu'une exhumation a eu lieu et que l'endroit avait été choisi symboliquement. Ce n'est pas le cas en réalité. Littéralement avant-hier, les médias russes de Kaliningrad (NewsBalt) ont rendu publics des documents polonais officiels de 1953, notamment le protocole 13. La source de l'information est la société Mémorial, respectée par les autorités polonaises. Le protocole 13 indique qu'à cet endroit reposent 56 tankistes de l'Armée rouge.

Le mausolée a été démoli mais la tombe est toujours là. Selon les dernières informations rapportées de cette commune polonaise (qui était autrefois une ville allemande), du gazon a déjà été semé à cet endroit. Existe-t-il un mécanisme qui permettrait d'influencer juridiquement les autorités polonaises?

Réponse: Nous avons commenté ce cas. Hormis le Ministère russe des Affaires étrangères, des commentaires ont été faits par l'Ambassade de Russie à Varsovie. Vous le savez, il existe des accords conclus avec les autorités polonaises. Elles ne les remplissent pas et manipulent les informations. Je demanderai l'avis des experts. Il existe plusieurs options différentes. La question principale est celle de l'appréciation juridique de l'accord (principalement en ce qui concerne sa mise en œuvre). Des actions politiques sont également envisageables, à commencer par les protestations et les déclarations en terminant par l'évocation de ce problème sur les plateformes internationales.

Tout cela se rattache, selon moi, à la nouvelle initiative évoquée à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies par le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov quand il participait aux discussions politiques à New York la semaine dernière. Il a proposé d'élaborer un document à l'échelle mondiale pour réglementer la question des monuments et de leur démantèlement. L'idée a été exprimée, mais notre tâche ne s'est pas arrêtée là. Ce n'est que le début. Aujourd'hui nous travaillons à définir les contours de cette initiative pour qu'elle prenne la forme d'un document concret.

Je répète que je demanderai aux experts de donner une appréciation juridique à la mise en œuvre de l'accord.

Question: La dissolution de la chambre basse du Parlement japonais a été récemment annoncée. La date des élections anticipées a été fixée au 22 octobre. Selon les autorités russes, quel sort attend l'activité économique conjointe (sur les Kouriles) en cas d'éventuelle démission du gouvernement Shinzo Abe après les élections?

Réponse: Nous partons du principe que ce processus politique est une affaire intérieure du Japon. Actuellement, nous travaillons activement avec nos collègues japonais et réalisons étape par étape tout ce qui a été prévu et signé par les dirigeants de nos pays. 

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