8 juin 201713:57

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Vladivostok, 8 juin 2017

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Bonjour à tous. Aujourd'hui notre conférence de presse se tient  en marge du sommet médiatique de Vladivostok. Merci beaucoup pour l'invitation. En effet, c'est très agréable de revenir ici après plusieurs années. Je pense que les efforts investis dans ce territoire n'ont pas été vains et ont porté d'excellents fruits.

Par tradition, je commence avec l'agenda du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

 

Sur la visite de travail en Russie de Saleumxay Kommasith, Ministre des Affaires étrangères du Laos

 

Le Ministre des Affaires étrangères du Laos Saleumxay Kommasith est attendu en Russie pour une visite de travail du 14 au 16 juin. Il s'entretiendra avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov ainsi qu'avec Nikolaï Nikiforov, Ministre russe des communications et coprésident de la Commission intergouvernementale russo-laotienne pour la coopération commerciale, économique, scientifique et technique.

Ils passeront en revue l'état et les perspectives de renforcement de la coopération bilatérale dans le domaine politique, économique et social avec un accent sur la mise en œuvre des accords conclus au sommet il y a deux ans. Les ministres compareront également leurs approches des problèmes régionaux et internationaux d'actualité.

Dans le cadre de sa visite, le Ministre des Affaires étrangères du Laos Saleumxay Kommasith tiendra un discours à l'Institut des relations internationales de Moscou (MGIMO) et participera à la réunion ouverte de l'Association pour l'amitié russo-laotienne.

 

Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la Conférence du Comité russe de solidarité et de coopération avec les nations d'Asie et d'Afrique

 

Le 15 juin, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera à la Conférence du Comité russe de solidarité et de coopération avec les nations d'Asie et d'Afrique. A l'époque de l'URSS, le Comité menait une vaste activité en matière de diplomatie populaire, y compris par l'octroi de bourses pour étudier dans les universités soviétiques. Actuellement on travaille à l'activation des structures de solidarité afro-asiatique à travers la formation de bureaux et de filiales du Comté dans plus de 40 sujets de la Fédération de Russie, pour renouveler et renforcer la composition des organes électifs du comité et former une section de jeunesse de l'organisation.

Étant donné que notre conférence de presse se tient "à l'extérieur", nous avons reçu hier de nombreuses questions de la part de médias russes et étrangers sur la région. Je vais répondre à certaines d'entre elles.

 

Sur l'activité économique extérieure du territoire de Primorié

 

L'analyse des échanges du Primorié avec les pays partenaires témoigne de son niveau élevé d'intégration à la région en Asie-Pacifique: 80% des échanges extérieurs du territoire concernent les pays d'Asie-Pacifique, 4,5% les pays de l'UE et 0,6% les pays de la CEI.

Grâce aux attentes d'investissement suite à l'instauration des régimes du Port libre de Vladivostok et des territoires de développement socioéconomique prioritaire, on note une croissance progressive des investissements étrangers dans l'économie du territoire de Primorié. Les plus importants investisseurs y sont la Chine - y compris Hong Kong -, la Corée du Sud, Chypre, les îles Vierges, le Japon et les Pays-Bas.

Les secteurs qui attirent le plus de capitaux étrangers sont le transport et le stockage, la production manufacturière, l'activité financière et les assurances, le secteur agricole et forestier ainsi que la pêche, le bâtiment et l'immobilier.

Les principaux partenaires du Primorié sont la Chine, la Corée du Sud, le Japon, la France et le Brésil.

Selon nos informations, six accords de coopération entre le Primorié et des partenaires étrangers (Chine, Japon, Mongolie, Vietnam, Corée du Sud) ont été enregistrés au Ministère russe de la Justice.

Le travail se poursuit dans la région pour créer et élargir les régimes économiques particuliers en vigueur dans la région, où le rôle central revient aux compagnies Rosneft et Rousagro. Les limites du Port libre s'élargissent.

 

Sur le déroulement des travaux pour simplifier l'entrée sur le territoire du port libre de Vladivostok aux citoyens de plusieurs États

 

Le 7 mars 2017 a été adoptée la Loi fédérale 28-FZ sur les changements apportés à certains actes législatifs de la Fédération de Russie établissant des particularités d'entrée sur le territoire russe pour les citoyens étrangers via les postes de contrôle de la frontière russe situés sur le territoire du port libre de Vladivostok.

Le 30 mai, le décret 667 du gouvernement russe fixait les Termes des particularités de délivrance de visas sous la forme d'un document électronique et de l'entrée en Fédération de Russie avec des visas sous la forme d'un document électronique pour les citoyens étrangers arrivant en Russie via les postes de contrôle situés sur le territoire du port libre de Vladivostok.

La liste des États étrangers dont les citoyens arrivant en Russie via les postes de contrôle du port libre de Vladivostok peuvent recevoir des visas d'affaires uniques ordinaires, touristiques et humanitaires sous la forme d'un document électronique est validée par le décret 692 du gouvernement russe du 14 avril. Cette liste inclut l'Algérie, le Bahreïn, Brunei, l'Inde, l'Iran, le Qatar, la Chine, la Corée du Nord, le Koweït, le Maroc, le Mexique, les EAU, Oman, l'Arabie saoudite, Singapour, la Tunisie, la Turquie et le Japon (18 pays au total).

Conformément à la nouvelle rédaction de l'article 25.17 de la loi fédérale sur l'ordre d'entrée en Fédération de Russie et de sortie de Fédération de Russie, les citoyens des États étrangers dont la liste est définie par le gouvernement russe reçoivent des visas d'affaires uniques ordinaires, touristiques et humanitaires sous la forme d'un document électronique (visa électronique).

Le visa électronique est délivré sur décision du Ministère russe des Affaires étrangères à la demande d'un citoyen étranger. Cette requête doit être rentrée sur le site spécial du Ministre au moins 4 jours avant la date prévue du séjour, en y joignant une photo numérique sous forme de fichier électronique. Aucun autre document n'est nécessaire (invitations, confirmations, etc.) pour obtenir un visa électronique, aucune redevance consulaire n'est prélevée pour sa délivrance.

Le visa électronique est délivré pour délai maximal de 30 jours avec une autorisation de séjour ne dépassant pas 8 jours sur le territoire de la région russe d'entrée.

Le lancement du système de délivrance de visas électroniques pour visiter le Port libre de Vladivostok est prévu le 1er août.

 

Sur le 3e Forum économique oriental

 

Le 3e Forum économique oriental, instauré par le Président russe Vladimir Poutine en 2015 afin de contribuer au développement accéléré de l'Extrême-Orient russe et pour élargir la coopération internationale en Asie-Pacifique, se tiendra à Vladivostok les 6 et 7 septembre.

Les éditions précédentes (en septembre 2015 et 2016) ont permis au forum de s'affirmer en tant que mécanisme régional important pour mettre en place une large coopération mutuellement bénéfique. Il suffit de dire qu'à l'issue des deux premiers forums ont été signés près de 300 contrats pour plus de 3 000 milliards de roubles (47 milliards d'euros). Cela indique clairement la sollicitation des propositions de la Russie de développer la coopération économique en Asie-Pacifique et l'intérêt réel des partenaires pour un partenariat avec l'Extrême-Orient russe.

Actuellement se termine la préparation de l'agenda du forum qui, compte tenu de l'ampleur des tâches, englobera un large éventail de questions – de la recherche de solutions optimales pour approfondir l'intégration économique régionale dans le contexte de l'initiative russe pour établir un Partenariat eurasiatique global à l'étude de conditions préférentielles créées en Extrême-Orient russe pour l'activité des affaires. En marge du forum, il est prévu d'organiser la 6e Conférence de Vladivostok de la CEAP pour la coopération éducative, des dialogues d'affaires Russie-ANASE et Russie-Inde, un séminaire sur la coopération commerciale et d'investissement dans le contexte de l'entrée en vigueur de l'accord entre la Communauté eurasiatique économique et le Vietnam sur le libre-échange, des entretiens bilatéraux sur la coopération interrégionale entre les sujets du district fédéral d'Extrême-Orient avec les partenaires intéressés, ainsi que de nombreuses activités d'exposition et culturelles.

On travaille actuellement à l'invitation et à la participation d'invités de différents niveaux, dont nous vous informerons par le biais des institutions russes. Au total, on attend plus de 3 000 hauts représentants, dirigeants de grandes compagnies, experts et journalistes d'environ 50 pays d'Asie-Pacifique et d'autres régions du monde.

 

Sur la coopération des régions de l'Extrême-Orient russe avec la Chine

 

Les liens interrégionaux se renforcent entre la Russie et la Chine. La Commission intergouvernementale russo-chinoise pour la coopération et le développement de l'Extrême-Orient et du Baïkal russes et du Nord-Est de la Chine a été créée. Côté russe, elle est présidée par le vice-Premier ministre russe Iouri Troutnev, représentant du Président russe dans le district fédéral d'Extrême-Orient, et côté chinois par le vice-Premier ministre chinois Wang Yang.

Le 2e Forum économique oriental s'est déroulé à Vladivostok du 2 au 3 septembre 2016. La Chine y était représentée par une délégation menée par le vice-Président du Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale de Chine, Chen Changzhi, qui a participé au dialogue d'affaires russo-chinois. La préparation du troisième Forum est en cours, où de larges contacts sont également prévus avec nos collègues chinois dans plusieurs domaines.

A l'heure actuelle, 14 territoires de développement socioéconomique prioritaire ont été créés en Extrême-Orient par des décrets du gouvernement russe. On note une attention accrue des entreprises chinoises pour ces régions. Le travail pour attirer des investisseurs dans le port libre de Vladivostok avance. 7 compagnies ont déjà obtenu le statut de résident de ce port libre.

La mise en œuvre du Programme de coopération entre les régions russe d'Extrême-Orient et de Sibérie orientale avec le Nord-Est de la Chine (2009-2018) se poursuit. En 2016, 16 projets de ce programme étaient en cours de réalisation.

On développe progressivement la communication ferroviaire entre la Russie et la Chine, la construction d'un pont frontalier Nijneleninskoe-Tongjiang est en cours, ainsi que d'un pont routier et d'un téléphérique sur l'Amour à proximité de Blagovechtchensk et Heihe.

 

Sur le problème de l'accord de paix et de l'élaboration d'une activité économique commune entre la Russie et le Japon dans les Kouriles du Sud

 

En ce qui concerne les problèmes liés à la conclusion d'un accord de paix avec le Japon, la position russe est bien connue. Les Kouriles du Sud font partie intégrante de la Fédération de Russie, et ni la souveraineté ni la juridiction russe ne sont à remettre en cause.

Conformément à l'accord conclu au cours de la visite officielle du Président russe Vladimir Poutine au Japon en décembre 2016, actuellement les parties mènent un dialogue sur l'éventualité de mettre en place une activité économique commune sur ce territoire. En mars, le Japon s'est vu transmettre l'ensemble des projets préparés par les institutions russes et par l'administration de la région de Sakhaline portant sur l'activité économique commune dans les Kouriles du Sud, englobant un vaste éventail de secteurs – élevage de poisson, transformation du poisson, perfectionnement de l'infrastructure, énergie géothermique, bâtiment, écologie, tourisme et bien d'autres secteurs.

Sur cette base, ainsi que compte tenu des propositions japonaises, il est prévu de convenir des initiatives dont la mise en œuvre contribuerait au développement socioéconomique des Kouriles du Sud. Après cela nous serons prêts à évoquer avec la partie japonaise le cadre juridique de leur réalisation.

Pendant leur entretien du 27 avril à Moscou, le Président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre japonais Shinzo Abe se sont entendus sur l'organisation d'une visite d'une mission japonaise public-privée dans les Kouriles du Sud pour examiner les opportunités d'affaires afin de mettre en place une activité économique commune. Dans le cadre de ce voyage, une délégation japonaise s'est rendue les 30 et 31 mai à Ioujno-Sakhalinsk, où ont été organisés des entretiens avec des représentants de l'administration de la région de Sakhaline. Fin juin, une mission d'affaires se rendra dans les Kouriles du Sud.

 

Sur le déroulement du projet international "Saisons russes"  au Japon

 

Les Saisons russes – un projet international initié par le Président russe Vladimir Poutine – ont démarré le 4 juin à Tokyo. La vice-Première ministre russe Olga Golodets et le Premier ministre japonais Shinzo Abe ont participé à la cérémonie d’ouverture.

L’objectif des Saisons russes consiste à familiariser le public étranger avec les grandes réalisations de la culture russe. Le projet est pensé sur le long terme et vise une large couverture géographique, mais il commence précisément au Japon. Ce choix ne relève pas du hasard: il reflète notre aspiration à encourager par tous les moyens l’intérêt réciproque des sociétés russe et japonaise pour l’étude et la découverte des riches traditions culturelles de nos pays.

Dans le cadre des Saisons russes, le public japonais aura accès aux meilleures prestations de ballet et de théâtre, à des projets d’exposition uniques, à des chefs-d’œuvre du cinéma russe, à des concerts symphoniques et d’opéra et à des programmes de cirque. Plus de 200 activités se dérouleront tout au long de l’année dans 40 villes.

Le programme des Saisons russes suppose une étroite coopération bilatérale, ce qui permettra de recevoir une expérience de dialogue culturel sans précédent et contribuera à l’approfondissement de la compréhension mutuelle entre nos pays.

 

Sur la situation dans la péninsule coréenne

 

Nous suivons attentivement l’évolution de la situation dans la péninsule coréenne. Nous sommes particulièrement préoccupés par les essais balistiques de la Corée du Nord, de plus en plus fréquents ces derniers temps (je rappelle que des essais ont eu lieu le 28 avril et les 13, 21 et 29 mai). Nous sommes convaincus que de telles démarches exacerbent la tension dans la région. La Russie a soutenu l’adoption, le 2 juin, de la résolution 2356 du Conseil de sécurité des Nations unies sur les nouvelles sanctions contre plusieurs personnes physiques et morales nord-coréennes. Nous réaffirmons notre disposition à mener un travail conjoint sur le règlement de la question nucléaire et d’autres problèmes de la péninsule coréenne.

Dans le même temps, nous constatons avec inquiétude l’accroissement de la présence militaire des États-Unis en Asie du Nord-Est. D’après nous, et nous l’avons dit à plusieurs reprises, cela ne contribue pas à créer les conditions pour relancer le dialogue. Au contraire, de telles manœuvres ne font que renforcer le potentiel de conflit dans la région.

Lors des contacts avec tous nos partenaires, nous appelons à faire preuve de retenue, soulignons la nécessité d’une détente militaro-politique générale et d’une recherche collective de solutions pour régler l’ensemble des problèmes uniquement par des moyens politico-diplomatiques.

 

Sur l’évolution de la situation en Syrie

 

Nous sommes satisfaits de la dynamique de plus en plus positive que prend la situation militaro-politique en Syrie.

La mise en œuvre du Mémorandum sur la mise en place de zones de désescalade signé le 4 mai à Astana et le renforcement du cessez-le-feu permettent au commandement militaire syrien de concentrer les forces sur les axes les plus chauds et de combattre efficacement les terroristes de l’État islamique, du Front al-Nosra et des organisations terroristes affiliées. Les principales activités militaires contre les terroristes sont menées dans les provinces de Deir ez-Zor, d’Alep, de Hama, de Deraa et de plusieurs banlieues de Damas. Les unités de l’armée gouvernementale syrienne poursuivent la phase active des opérations d’offensive au sud et à l’est de la province d’Alep, ont élargi la zone de contrôle sur les vastes territoires de la chaîne de montagne Jabal al-Tuweihina, et ont libéré plusieurs villes des terroristes - Maskanah, Al-Azizia et Radda Al-Kabira entre autres.

Tout le long de la ligne de contact, les djihadistes opposent une résistance active aux forces syriennes et s’efforcent de détruire le plus grand nombre possible de sites d’infrastructure. Au sud de Deir ez-Zor, des affrontements se poursuivent depuis plusieurs jours contre les terroristes de l’État islamique. De nombreux mercenaires étrangers comptent parmi les terroristes éliminés, nous en avons régulièrement parlé. Nous avons rappelé plusieurs fois que les groupes terroristes étaient constamment alimentés depuis l’extérieur non seulement moralement et financièrement, mais également par l'envoi d'effectifs, de combattants recrutés par les organisations terroristes internationales. Aigris par leur tentative échouée de contre-offensive, les djihadistes ont attaqué et bombardé plusieurs quartiers résidentiels de Deir ez-Zor, faisant plus de 50 morts et blessés parmi les civils. Le plus terrible est que les djihadistes continuent de tuer pendant le mois sacré du Ramadan.

Sur fond de succès de l’armée syrienne, les conflits entre les groupes djihadistes se multiplient. Dans plusieurs zones de la Ghouta orientale se poursuivent des affrontements sanglants avec l’usage d’armement lourd entre Jaysh al-Islam d’un côté et Hayat Tahrir al-Cham et Faylaq al-Rahman de l’autre. Les démêlés qui perdurent coûtent la vie aux djihadistes, mais aussi, malheureusement, aux civils, ce qui soulève une colère croissante au sein de la population locale.

Dans la province d’Idleb, le Front al-Nosra a déjà créé de facto un émirat islamique. Soumettant à son commandement la majeure partie des groupes armés illégaux, Nosra établit son propre système d’organes administratifs. Ses dirigeants ont créé des départements spéciaux qui supervisent différents domaines de l’activité économique et de la vie sociale.

Les unités des Forces démocratiques syriennes (FDS) qui encerclent la "capitale" de l’EI, Raqqa, ont commencé à recevoir des armes et des équipements de la part des États-Unis. Les FDS, qui bloquaient auparavant la ville à l’ouest, au nord et à l’est, élargissent leur position sur la rive sud de l’Euphrate afin de resserrer le siège autour de la "capitale du califat". Des affrontements actifs se déroulent près du barrage Al-Baas, ainsi que près des villes de Ganid et de Mansour, où de grands groupes terroristes ont été bloqués. Des milliers de personnes continuent de quitter Raqqa en amont de l’Euphrate en direction de Tabqa.

La situation humanitaire dans les régions "pacifiées" de Syrie s'améliore de manière significative. Nous le saluons et ne pouvons pas ne pas remarquer cette tendance. Les autorités du pays y rétablissent le système d’alimentation en eau, en électricité et l’infrastructure sociale. Les habitants regagnent leur foyer. Le gouvernement syrien a l’intention de poursuivre cette ligne de "pacifications locales". Les prochains sur la liste sont les quartiers du sud de Damas – Tadamoun, Al-Hadjr, Al-Aswad et le camp de réfugiés palestiniens Yarmouk.

Nous appelons une nouvelle fois la coalition "anti-Daech" menée par les USA à être plus responsable concernant les frappes aériennes des membres de l’alliance contre les positions des djihadistes en Syrie. Comme nous l’avons souligné à plusieurs reprises, de tels actes irréfléchis aggravent les souffrances des civils syriens, parmi lesquels on compte chaque jour toujours plus de victimes. Cette situation suscite chez tout le monde davantage de préoccupation que de compréhension de l’efficacité de telles démarches. Ainsi, un raid de la coalition du 3 juin contre Raqqa a fait 43 morts parmi les civils, essentiellement des femmes et des enfants, ainsi que des dizaines de blessés. Le 5 juin, l’aviation de la coalition a bombardé un groupe de réfugiés qui, fuyant Raqqa, tentait de se rendre sur la rive sud de l’Euphrate à bord de bateaux. Plus de 30 personnes ont été tuées. En tout, en un mois les frappes de l’aviation de la coalition à Raqqa et dans ses environs ont tué près de 200 Syriens pacifiques. Je souligne que ce sont des données préliminaires et approximatives concernant seulement un mois. Une tactique militaire aussi irresponsable ne doit pas être inhérente à l’alliance "antiterroriste", d’autant que ces actions sont menées en contournant les décisions du Conseil de sécurité et sans l’accord du gouvernement syrien légitime.

Dans le cadre de nos efforts diplomatiques pour régler la situation en Syrie, nous organisons des contacts actifs avec les partenaires afin de mettre en œuvre les termes du Mémorandum signé à Astana sur la mise en place de zones de désescalade dans ce pays. Le travail principal sur la mise en œuvre du Mémorandum repose sur les pays garants – la Russie, l’Iran et la Turquie. Dans le même temps, la Russie est ouverte à un échange franc de points de vue entre tous les acteurs à même d’apporter une contribution constructive au renforcement du cessez-le-feu, à la diminution de la violence en Syrie, au soulagement des souffrances des Syriens et à la mise en place des conditions pour l’évolution du processus de paix.

 

Sur un nouveau cas de propagande occidentale concernant la Syrie

 

Sur le dossier syrien, je voudrais aborder un autre sujet directement lié au travail des journalistes. Ce n’est pas la première fois que nous démystifions de nombreux fakes dont se servent les acteurs dans la région et en dehors pour mettre en œuvre leur idée obsessionnelle de renverser le régime en Syrie. Cette idée n’a rien à voir avec les efforts sur lesquels tout le potentiel doit se concentrer aujourd’hui. Il est question de la lutte contre le terrorisme. En jouant sur les sentiments et sur les émotions du public, ils dirigent la communauté internationale dans le sens voulu pour former un ordre du jour virtuel, et non réel, tout en oubliant les principes de morale, d’objectivité et d’impartialité. Et évidemment le conflit syrien est devenu l’un des exemples les plus marquants de cette activité. Une immense quantité de mensonges et de boue – des fantaisies mineures à une manipulation globale de l’opinion publique – a été versée sur le régime syrien, qui n’est pas un modèle d’administration publique (de nombreuses questions se posent, mais il faut rappeler que c’est le pouvoir légitime qui est reconnu et est présent dans l’enceinte de l’Onu), ainsi que sur la Russie depuis que l’aviation russe a rejoint la campagne antiterroriste en Syrie (et même avant). Pendant longtemps encore, nous ferons de la démystification en divulguant les fakes. Je voudrais parler aujourd’hui de l’un d’eux.

Tout le monde se souvient de la fameuse photo du garçon de l’est d’Alep, Omran Daqneesh, qui a été sorti des débris par les "sauveteurs" de l’organisation pseudo-humanitaire des Casques blancs, soi-disant après un bombardement de l’aviation gouvernementale. Ils ont apprécié l’histoire et l’état du garçon, c’est pourquoi avant de lui apporter une première aide médicale ils l’ont pris en photo sans l’autorisation des parents, qui étaient occupés à sortir d’autres membres de la famille des décombres. Vous vous souvenez de ces photos poignantes. Le garçon est assis à l’arrière d’une ambulance. En août 2016, ces images ont été immédiatement diffusées sur internet, ont fait le tour des médias et des pages des militants des droits de l’homme sur les réseaux sociaux pour devenir le symbole de la lutte contre le "régime sanguinaire", le "tort éternel de la Russie" et la "souffrance d’Alep". Nous en avons déjà parlé, mais je voudrais rappeler que ces photos ont été prises par Mahmoud Raslan, membre du mouvement Harakat Nour al-Din al-Zenki, devenu célèbre après l’enregistrement de la décapitation d’un garçon palestinien.

Nous disions à l’époque que les médias occidentaux, en utilisant les photos d’Omran, se lançaient dans un jeu imposé par des rebelles - en réalité par des extrémistes et des terroristes. Nous n’avons été entendus et ces images ont été diffusées. Nous soulignions que l’histoire n’était pas aussi simple qu’il n'y paraissait, qu’il fallait attendre avant d’exploiter l’image d'un enfant à des fins politiques. Une fois encore on ne nous avait pas écoutés. Souvenez-vous de la présentatrice Christiane Amanpour (elle n’est pas une simple correspondante mais aussi une analyste et politologue) qui avait apporté cette photo à une interview de Sergueï Lavrov juste avant les élections américaines. En fait, c’était censé devenir un argument de poids au profit des forces qui revendiquaient à l’époque le pouvoir dans le pays et qui étaient en polémique active avec la Russie sur les approches du processus de paix en Syrie et de la situation à Alep, en accusant Moscou de tous les maux. Elle avait même sorti cette photo pour demander au Ministre ce qu’il pouvait dire à la famille de ce garçon. Tout cela a été enregistré, vous pouvez le retrouver sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères.

Plus de six mois se sont écoulés depuis cette interview, et presque un an depuis la publication de la photo de l’enfant. Pendant ce temps, la vie revient progressivement à son cours dans les rues de l’est d’Alep grâce aux efforts colossaux des militaires syriens et russes, et en dépit de la résistance active des terroristes sur le terrain. Aujourd’hui nous avons appris la vérité sur cette histoire. Des journalistes, y compris de la chaîne Russia Today (RT), ont retrouvé la famille de ce garçon. Nous avons tous pu voir cet enfant. Le père d’Omran, Mohamad Kheir Daqneesh, a beaucoup de choses à dire à Christiane Amanpour et à d’autres pseudo-défenseurs, à ceux qui disaient défendre les droits de cet enfant tout en construisant avec ardeur leurs concepts politologiques sur son sang.

Il s’avère qu’Omran est sain et sauf. Il a effectivement été blessé mais toute la situation autour de lui a été entièrement déformée par les pseudo-défenseurs des droits de l’homme et les "journalistes", Christiane Amanpour y compris. Elle a simplement manipulé l’opinion publique. Son père, ancien militaire, note qu’actuellement l’enfant joue allégrement avec ses frères. En réalité leur famille n’est pas du tout en opposition au régime, comme cherchaient à le prouver les journalistes occidentaux. Ils vivent à Alep qui, contrairement à la volonté de l’Occident, a été libérée et où la vie pacifique revient. Progressivement, non sans difficultés, ce processus a démarré, il est en cours.

Dans plusieurs interviews, le père de l’enfant a déclaré qu’au moment des faits il n’avait entendu aucun bruit d’avion. Souvenez-vous de l'idée que les Casques blancs voulaient faire passer: ils affirmaient que c’était indéniablement des frappes aériennes soit de l’aviation syrienne, soit de l’aviation russe. Le père d'Omran a dit également que l’effondrement de sa maison avait très certainement été provoqué par une explosion. Quand la photo d’Omran a fait le tour du monde, sa famille a dû prendre des dispositions pour protéger l’enfant de cette situation et pour qu’on respecte ses droits. Après tout, ceux qui exploitaient son image ne pensaient pas du tout à son sort ni à ce qui l’attendait par la suite. Il vit pourtant dans un pays déchiré depuis des années par la lutte contre des terroristes qui sont prêts à tout dans leur élan idéologique. Ceux qui exploitaient à l’époque cette photo pensaient-ils comment cet enfant allait-il vivre ensuite? Christiane Amanpour y pensait-elle? Elle ne pensait qu’à aider le parti démocrate et son candidat à devenir président des États-Unis. Et dans cet élan tous les moyens étaient bons, y compris utiliser la photo de cet enfant.

La famille a été contrainte de changer l’apparence du garçon, de lui couper les cheveux, de lui donner un nouveau nom pour le cacher des terroristes – car tout cela se déroulait en pleine campagne d’Alep. En dépit des nombreuses propositions et promesses d’argent (or les opposants proposaient d’importantes sommes d’argent à la famille du garçon) ils ont refusé d’avancer de fausses accusations contre le gouvernement syrien en accordant des interviews mensongères. Aujourd’hui la famille reçoit constamment des menaces de mort. Et ce n’est pas seulement visible pour ceux qui se trouvent actuellement à Alep et sont en contact avec eux. Regardez ce qui se passe sur les réseaux sociaux: les partisans de l’opposition radicale - qui d’ailleurs ne sont pas bloqués alors qu’on bloque les pages des ambassades russes - qualifient les membres de la famille Daqneesh "d’infidèles" et "méritant la mort". Mais où est Christiane Amanpour aujourd'hui?

Puisque la journaliste a pris la peine de lancer cette histoire dans l’espace public, de se rendre à Moscou avec une photo couleur pour la montrer à Sergueï Lavrov, alors elle aura peut-être le courage, l’éthique journalistique professionnelle et simplement la bonne foi de la terminer? Se rendre en Syrie, à Alep, retrouver la famille du garçon et réaliser une interview honnête. Pas une interview postiche, comme ils savent faire chez CNN, mais une interview vraiment honnête. Peut-être qu’avant l’interview il faut se poser à soi-même des questions difficiles, et faire un véritable reportage sur ce garçon, sur les manipulations de sa photo, de son sort et du sort de sa famille et du pays par les médias américains.

Nous avons invité plusieurs fois nos collègues occidentaux à se rendre en Syrie, nous sommes prêts à mettre à dispositions tous nos moyens, à prendre le contact avec les autorités syriennes. Nous entendons très souvent de la part des journalistes occidentaux qu’ils ne peuvent pas profiter de l’offre russe pour des raisons éthiques. Mais pour une raison qu’on ignore ils n’y partent pas. Ils peuvent montrer à Sergueï Lavrov la photo du garçon et inventer toute cette histoire, mais ils ne peuvent pas se rendre en Syrie, par exemple à Alep. Bien que nous ayons du mal à le concevoir, nous essayons de le faire et nous respectons cette position des journalistes occidentaux. C’est pourquoi je propose, notamment à Christiane Amanpour, de profiter de la collaboration avec RT. Ils ont des contacts, ils peuvent aider à organiser un tel voyage en tant que journalistes pour un autre journaliste, étant donné que Christiane Amanpour se considère comme telle. Je pense que la chaîne n’y verra pas d’objection et, en tant que représentante de la communauté professionnelle et des médias, qu'elle réussira organiser un tel voyage et une telle interview. Je comprends les réticences que cela peut susciter, qu'il est plus commode de ressasser cette fausse histoire tous les jours sur CNN. Mais on vous a pris la main dans le sac, il faut répondre. Vous ne répondrez pas pour tout, mais il faut répondre pour cela. Christiane Amanpour, nous vous attendons à Alep.

 

Sur la situation à Mossoul

 

Il existe des preuves documentaires que les militaires irakiens qui mènent l’offensive sur Mossoul maltraitent les habitants locaux sur les terroristes libérés de l’État islamique et les torturent sous prétexte de soupçons de complicité avec les terroristes. Des journalistes ont mis la main sur des photos et des vidéos des sévices et des meurtres de civils. Ceux qui ont vu ces images comprennent que la situation est encore plus grave qu'à Abou Ghraib. Les images ont été fournies par le célèbre photographe irakien Ali Arkady, qui a travaillé pendant plusieurs mois avec la division d’élite des forces irakiennes et a assisté aux sévices. L’armée irakienne a ouvert une enquête sur ces faits.

Plusieurs organisations des droits de l’homme ont fermement critiqué les militaires irakiens, certaines ont même exigé la réunion d’une session spéciale de l’Onu pour évoquer le problème de la torture en Irak à partir des informations recueillies notamment par la chaîne russe RT.

Saad al-Muttalibi, membre de la commission irakienne qui supervise l’enquête sur les crimes de guerre, a notamment déclaré que le commandement irakien n’avait aucunement autorisé de tels actes et que tous les auteurs des crimes avaient été identifiés et arrêtés. Il a également confirmé que des violations des droits de l’homme s’étaient déjà produites auparavant dans l’armée irakienne, mais que le plus souvent les militaires impliqués se trouvaient sous la tutelle du commandement américain sur lequel les autorités de l’Irak n’ont aucune emprise. Cela nous renvoie de nouveau à l’attention que portent les journalistes à la menace potentielle émanant de la Russie sur les prétendues violations des droits de l’homme par l’aviation russe en Syrie. Voici un sujet concret. Débrouillez-vous. Trouvez et allez jusqu’au bout. Je doute sérieusement que cela sera fait.

On compte sur la réaction adéquate des organisations internationales des droits de l’homme, des organisations compétentes de l’Onu et, bien sûr, des USA qui aiment tant fouiller dans les problèmes des autres. Occupez-vous des vôtres.

 

Concernant le référendum sur l’autodétermination de la Région autonome du Kurdistan de l’Irak

 

Nous avons noté les déclarations des dirigeants de la Région autonome du Kurdistan de l’Irak concernant l’organisation d’un référendum sur l’autodétermination du Kurdistan irakien en septembre 2017. Je voudrais rappeler que cette question ne date pas d’hier et qu’elle est soulevée depuis longtemps.

A ce sujet nous voudrions noter une nouvelle fois que la Russie soutient l’unité et l’intégrité territoriale de l’État irakien avec un respect inconditionnel des droits légitimes de tous les groupes ethniques et confessionnels, dont les Kurdes sont le plus grand.

Quoi qu’il en soit, nous partons du fait que tous les problèmes connus dans les relations entre les autorités kurdes et le centre fédéral de Bagdad, y compris sur le format de leur coexistence, doivent être réglés dans le cadre de négociations constructives et en tenant compte des tâches communes prioritaires, notamment la lutte contre le terrorisme international incarné par l’État islamique et d’autres groupes extrémistes.

 

Sur le processus de paix dans le Haut Karabagh

 

Conformément à l’accord conclu le 10 juin, les coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE se retrouveront en Arménie pour y rencontrer le Président, le Ministre des Affaires étrangères et le Ministre de la Défense du pays. Ils ont l’intention de clarifier la situation dans la zone du conflit. Il est prévu d’évoquer les questions d’actualité relatives au processus de paix, y compris compte tenu de la réunion des ministres des Affaires étrangères de la Russie, de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie à Moscou fin avril. Un voyage est également prévu dans le Haut Karabagh. La Russie sera représentée par Igor Popov Ambassadeur itinérant russe et coprésident du Groupe de Minsk de l’OSCE.

Une semaine plus tard, le "trio" devrait se rendre à Bakou.

Selon la pratique établie, une déclaration sera publiée sur le site de l’OSCE à l’issue des pourparlers.

 

Sur les accusations du Parquet polonais contre la Russie

 

Le Parquet polonais a accusé la Russie d’avoir mélangé les dépouilles des victimes du crash de l’avion du Président polonais près de Smolensk en 2010 pendant leur transport.

Je voudrais déclarer à nouveau que ces accusations sont absolument infondées.

Il est bien connu que les dépouilles des victimes de la catastrophe de Smolensk ne sont restées sur le territoire russe que du 10 au 12 avril 2010, et que la question d’un examen à part entière par les spécialistes russes n’a pas été soulevée en principe. Je souligne: la partie polonaise a elle-même exigé un transfert des dépouilles au plus vite en poussant la partie russe par tous les moyens. L’examen des corps a donc été réalisé en urgence par les légistes de Moscou les 11 et 12 avril.

De plus - c’est très important et j’attire votre attention sur ce point - l’identification des corps a été réalisée directement par les représentants polonais et par les proches des victimes. Quand l’identification des dépouilles était impossible, elles étaient transmises à la partie polonaise avec des numéros.

Il faut noter également que les corps ont été placés dans les cercueils en présence des représentants polonais. Sans lavement car les Polonais eux-mêmes insistaient sur ce point – ils comptaient réaliser d’autres expertises, et c’était important pour eux de préserver le plus de matière possible pour les éventuels examens.

Je souligne que les autorités et les experts russes ont fait tout leur possible dans cette situation. Et tout ce qu’ils ont fait l'a été en coordination très étroite avec la partie polonaise.

La Russie ne peut pas être responsable de ce qui s’est produit avec les dépouilles après leur retour en Pologne: cela ne concerne que la Pologne.

Je voudrais préciser que tout ce que je viens de dire sera confirmé par des documents. Nous publierons sur les pages officielles du Ministère russe des Affaires étrangères sur les réseaux sociaux une copie du protocole sur l’identification des corps des victimes du crash de l’avion Tu-154 n°101 du 10 avril 2010. Ce document a été signé par les représentants russes et polonais. En particulier, le protocole stipule "qu'au cours de l’enquête pour l’identification des corps la partie polonaise n’a exprimé aucun reproche vis-à-vis de la partie russe concernant les actions réalisées et leurs résultats". Du côté polonais, pour le Ministère de l’Intérieur de l’administration et le Ministère des Affaires étrangères, le protocole a été signé par Piotr Stachańczyk et Jacek Najder, et du côté russe par Tatiana Golikova et Vladimir Titov pour le Ministère de la Santé et du Développement social et le Ministère des Affaires étrangères.

 

Sur une publication du Washington Post concernant la situation de la propriété diplomatique russe

 

Des commentaires ont déjà été faits à ce sujet. Des questions se posent par rapport à l’information largement propagée le 31 mai par le journal Washington Post sur l’éventuelle décision de l’administration de Donald Trump de rendre à Moscou les sites de repos de l’Ambassade de Russie à Washington et de la Représentation permanente auprès de l’Onu à New York saisis en décembre 2016, mais sans rétablir leur immunité diplomatique. Le Département d’État américain n’a pas encore confirmé cette approche.

La position russe concernant les sites russes saisis est bien connue. Nous considérons les actions des autorités américaines comme complètement inadmissibles car elles violent grossièrement les termes de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961. Nous exigeons que nous soit rendu immédiatement ce qui a été saisi de manière complètement illégale.

Nous voudrions noter que si Washington ne rétablissait pas l’immunité diplomatique de notre propriété, la Russie prendrait des mesures réciproques à l’égard de sites américains en Russie. L’Ambassade des USA à Moscou en a déjà été avertie.

 

Sur la situation des touristes russes en Turquie

 

La saison des vacances commence. Beaucoup ont l’intention de partir à l’étranger, ce qui nécessite évidemment la délivrance de documents appropriés (passeports, visas). C’est généralement un impératif qu’on n’oublie pas. Il y a aussi les assurances médicales. Par tradition, nous attirons l’attention des opérateurs touristiques et des compagnies qui proposent de tels services aux citoyens russes sur l’obligation de rappeler et d’expliquer la nécessité de souscrire des assurances médicales, car c’est le gage de votre repos et de la tranquillité de vos proches, ainsi que la garantie du règlement de différentes situations d'urgence qui peuvent survenir en vacances.

Je voudrais citer un exemple, notamment concernant les citoyens russes en Turquie, afin que mes propos soient appuyés par des faits concrets. Avec le début de la phase active de la saison touristique, le nombre de requêtes auprès des établissements consulaires russes a significativement augmenté. Rien qu’en mai, le Consulat général de Russie à Antalya a enregistré plusieurs dizaines d’incidents graves impliquant des citoyens russes, y compris entraînant la mort ou des blessures graves, lors de différents incidents, accidents de la route, pratiques de sport extrême, abus d’alcool, aggravation de maladies chroniques, etc. Aucune des requêtes n’est restée sans réponse. Le consulat russe, en collaboration avec les autorités locales et les forces de l’ordre, a pris dans tous les cas les mesures nécessaires dans le cadre de ses pouvoirs et compte tenu de ses capacités physiques.

Selon les informations du Consulat général de Russie à Antalya, des compagnies d’assurance et de leurs centres régionaux dont les services sont utilisés par les vacanciers russes au sud de la Turquie, plus de 30 Russes ont été dernièrement hospitalisés dans les provinces d’Antalya et de Mugla pour différents motifs médicaux dans un état de moyenne et de forte gravité.

Dans des cas particuliers, des mesures d’urgence ont été prises avec le soutien organisationnel et consultatif de l’Ambassade de Russie à Ankara, du Consulat général d’Antalya et du Département consulaire du Ministère russe des Affaires étrangères. Le 27 mai, quatre Russes se trouvant dans un état critique dans les hôpitaux d’Antalya et d’Alanya ont été rapatriés par un vol spécial du Ministère russe des Situations d’urgence avec l’aide du Centre panrusse de médecine des catastrophes Zachtchita et du Ministère russe de la Santé. Il s’agit de la seconde opération de rapatriement médical organisée à la demande des compagnies d’assurance à titre d’indemnisation.

Au 1er juin, trois autres citoyens russes devant être rapatriés se trouvaient dans des établissements médicaux du district consulaire dans état grave et très grave.

Les cas de plus en plus fréquents d’hospitalisation de touristes russes doivent servir de sérieux rappel pour nos citoyens qui ont prévu de partir en vacances à l’étranger, notamment en Turquie et dans d’autres pays, concernant la nécessité de souscrire une assurance médicale avant leur départ. Je voudrais souligner à nouveau que cela ne concerne pas seulement les citoyens enthousiasmés par les futures vacances et les joies que nous promettent les congés, mais que c’est également la responsabilité des opérateurs touristiques. Nous appelons à attirer une attention particulière des citoyens sur les exemples concrets qui sont très nombreux pour les convaincre de la nécessité de telles mesures préventives. Un police d’assurance de base inclut la couverture des frais médicaux (soins ambulatoires et hospitaliers) en cas de maladie ou de traumatisme, y compris pour prendre en charge les médicaments prescrits par le médecin, les services d’ambulance et le rapatriement si besoin est.

Il faut savoir que l’assurance des enfants, des personnes âgées, des personnes ayant des maladies chroniques, des femmes enceintes et des amateurs de sports extrême a ses particularités lors d’un séjour à l’étranger. Il ne faut pas non plus oublier que l’assurance ne prend pas en compte les incidents survenus lors d’une violation de la loi ou en état d’ébriété. Il faut savoir qu’en refusant de souscrire une assurance médicale tous les frais d’assistance médicale dans le pays d’accueil sont pris en charge par le touriste. En cas de graves traumatismes ce dernier peut manquer d’argent et il demande de l’aide à ses proches et amis en Russie. Immédiatement se pose le problème du transfert d’argent.

Pardonnez-moi de le rappeler, mais c’est effectivement très important. Je répète que la souscription à une assurance médicale doit devenir une routine obligatoire.

Pour éviter des imprévus, nous appelons à prendre connaissance des conseils utiles publiés sur le site de l’agence fédérale du tourisme Rostourism et du Département consulaire du Ministère russe des Affaires étrangères à l’attention des touristes russes qui comptent partir en vacances à l’étranger. Nous les avons publiés il y a quelques mois en citant des exemples d’incidents pour qu’ils soient diffusés sur internet. On voudrait que tout le monde en prenne connaissance et en tire les conclusions appropriées. Prenez la peine de les diffuser sur internet. L’application Zaroubejny Pomochtchnik (Assistant à l’étranger) développée et intégrée par le Département des situations de crise du Ministère russe des Affaires étrangères contient des recommandations importantes pour des situations imprévues et pourrait servir aux touristes partant à l’étranger.

 

Réponses aux questions :

Question : Je voudrais revenir sur le sujet de la péninsule coréenne. A partir de cet endroit un missile de croisière ne met que quelques minutes pour atteindre le fleuve frontalier Amnok (Yalou). Naturellement, les habitants de la région ont des craintes concernant la suite des événements. Je voudrais savoir quels efforts sont entrepris par le Ministère russe des Affaires étrangères pour remédier à cette situation explosive. Peut-être qu’il invite à revenir aux négociations à Six ou invite Kim Jong-un, comme on invitait auparavant Kim Il-sung et Kim Jong-il?

Réponse: Le fait est que vous n’êtes pas le seul à connaître la vitesse de ces missiles et que la région de l’Extrême-Orient russe est à proximité immédiate de la péninsule coréenne. Par conséquent, le Centre est bien au courant de cette information, tout comme notre Représentation permanente auprès de l’Onu qui travaille régulièrement au sein des structures compétentes de l’Organisation en ce sens. Ce thème est pris en charge par les spécialistes à titre régulier, et non d’un cas à l’autre, d’un essai à l’autre, pas quand les sanctions contre la Corée du Nord sont à l’ordre du jour, mais régulièrement. Il existe des représentants spéciaux chargés de superviser cette question. Nous avons des contacts permanents avec les partenaires chinois et, évidemment, coréens (aussi bien du Nord que du Sud), et avec les collègues américains, bien sûr. On voudrait que cette question soit évoquée plus étroitement avec nos collègues américains mais vu ce qui se passe actuellement à Washington, vous comprenez bien que ce n’est pas seulement une question de priorités pour eux mais que leurs capacités, notamment celles du Département d’État, ne sont pas entièrement réunies pour gérer cette question. Nous avons entendu des déclarations très dures mais ce ne sont que des déclarations politiques dans le cadre de certaines promesses de campagne, qui ressemblent davantage à des slogans électoraux et non à un travail concret - qui plus est diplomatique. Nous avons noté ces déclarations et avons répondu que les discours étaient une chose, mais qu’il fallait s’asseoir et utiliser les mécanismes à disposition. Ces derniers ne règlent pas tout mais ont déjà permis de calmer la situation auparavant et de désigner certaines perspectives pour la suite. C’est pourquoi nous partons uniquement du fait que les méthodes et les actions de force, y compris pour les raisons que vous avez évoquées, ne mènent nulle part, c’est une impasse. Il ne peut y avoir de solution militaire pour plusieurs raisons, à commencer par les aspects militaires et humanitaires. Après tout il est question de l’aspect nucléaire de ce problème, ce qui, comme vous le comprenez, définit également un cadre de règlement politico-diplomatique. C’est pourquoi je répète que ce sujet est constamment à l’ordre du jour, que des efforts des experts y sont consacrés aussi bien à Moscou que dans le cadre de contacts bilatéraux et sur les plateformes internationales.

Question: Je sais que le Ministère des Affaires étrangères, y compris le département que vous dirigez, suit les médias, y compris, je pense, les médias des pays d’Asie-Pacifique. On voudrait savoir ce qu’ils écrivent sur le Primorié, notamment dans le contexte des lois fédérales sur les territoires de développement prioritaire, sur le Port libre. Que disent-ils de ces lois?

Réponse: Notre département ne procède pas à un suivi thématique aussi profond: il est mené par les ambassades de Russie dans les pays concernés, en l'occurrence nos ambassades à Pékin, Tokyo et dans d’autres pays. C’est là que se trouvent les spécialistes parlant la langue et suivant directement le reflet de la question russe dans les médias locaux.

Je ne peux pas vous fournir d'analyse détaillée mais je peux dire que les lois dont vous parlez contribuent précisément à réaliser le potentiel d’investissement qui suscite un grand intérêt. Je peux le dire avec certitude, car en grande partie je m’occupe moi-même de ce sujet dans les médias chinois. Je peux vous le garantir. Il faut savoir aussi de quels médias on parle. Il y a des médias centraux et régionaux. Bien évidemment les journaux, les chaînes et les journaux régionaux qui se trouvent et son édités à proximité immédiate des régions frontalières avec notre Extrême-Orient y accordent une attention prioritaire car cela concerne la vie quotidienne, les finances, l’économie et les bases de la vie de la population. C’est pourquoi ils le suivent de très près. L’assouplissement du régime de visa et tout ce qui le concerne en termes de libéralisation mais aussi de confort suscite des échos positifs.

Je peux dire également que je viens d’assister au Forum économique international de Saint-Pétersbourg. Il y avait une délégation chinoise très représentative avec des représentants d’affaires, des finances et de l’ambassade. Ils ont témoigné de beaucoup d’intérêt pour le potentiel de la Russie et de ses régions. Tout cela est reflété dans les médias.

Vous savez certainement que nous avons lancé des projets conjoints entre les plus grands médias centraux de la Chine et de la Russie. En particulier, côté russe, RT a tourné des films conjoints sur la Russie et sur la Chine. Ils ont été diffusés auprès des publics russe et chinois. Une telle coopération ne se déroule pas seulement au niveau de la télévision – les agences coopèrent aussi très activement. Nous avons organisé des Années croisées des médias de la Russie et de la Chine. Nous le faisons pour y être reconnus. En l’occurrence je parle de la Chine. Je pense que la coopération médiatique entre la Russie et la Chine peut également servir d’exemple à d’autres pays de la région.

Question: Qu'attend la Russie de positif après les législatives britanniques?

Réponse: C’est une question interne du Royaume-Uni. Nous ne pouvons pas avoir d’attentes positives ou négatives. Nous partons du fait que c’est une période importante dans la vie politique intérieure de ce pays. Nous sommes prêts à coopérer avec cet État dans différents domaines, y compris au niveau de la diplomatie parlementaire, des contacts parlementaires. En revanche, malheureusement - et j’en parle régulièrement en citant des exemples concrets - cela concerne également le parlement britannique. On rompt tous les contacts alors qu’il n’y a plus rien à rompre, tous les contacts parlementaires ont déjà été suspendus. Et ils sont minimaux au niveau des ministères des Affaires étrangères. Je souligne que les contacts entre les renseignements et les militaires ont été suspendus unilatéralement par les Britanniques. Ce qui suscite de nombreuses questions car en l’occurrence nous voyons la vague d’attentats qui a submergé le Royaume-Uni dernièrement. Ce sont de terribles attentats pervers car ils visent les enfants. Alors qu’il semblerait que compte tenu de notre expérience de lutte contre le terrorisme, y compris vis-à-vis des enfants, et des efforts antiterroristes russes sur la scène internationale nous avons des choses à nous dire. Il pourrait s’agir d’un échange d’informations, d’une coopération antiterroriste entre les renseignements et les ministères des Affaires étrangères. On se demande pourquoi l’information et le potentiel de coopération entre le Royaume-Uni et la Russie ne sont pas exploités par les Britanniques. Je comprends qu’il existe une volonté de sauver la face après que le Royaume-Uni a été l’un des cosponsors de l’idée d’isoler la Russie – il est très difficile de reconnaître ses erreurs et de franchir le pas. Mais des vies humaines sont en jeu. On pourrait le faire pour prévenir les attentats et enquêter sur les incidents qui se sont déjà produits. Nous n’avons pas besoin qu’ils reconnaissent leurs erreurs en se versant des cendres sur la tête. Nous avons besoin qu’ils se mettent enfin à coopérer normalement au moins dans les domaines critiques où la vie de la population est menacée. On se rappelle de cette histoire au niveau parlementaire quand plusieurs personnalités, journalistes russes et moi-même avions reçu une invitation de députés britanniques pour venir parler de la Russie et participer au débat sur certains sujets, puis ils ont reçu un tel nombre d’appels et ont subi une telle pression des organes publics britanniques que l'événement a été annulé. Ils n’ont pas retiré les invitations. Ils ont simplement "reporté" l’activité et n’ont plus jamais évoqué son organisation. Le parlement y est contrôlé de très près par les organes publics. En particulier, la presse britannique a rapporté que le Ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson s’était indigné concernant les audiences au parlement au sujet de la participation russe, des représentants de RT, etc. Nous n’aurions rien fait de mal, nous aurions simplement partagé un point de vue alternatif. Tout a été fermé. Nous sommes ouverts à la coopération dans différents domaines. Nous espérons que la brume qui recouvre Albion se dissipera.

Question: Vous avez déjà mentionné qu'une délégation japonaise se rendrait dans l'archipel des Kouriles fin juin. Y a-t-il une date et des informations sur les îles concrètes dont il est question?

Réponse: Les dates concrètes et l’itinéraire seront convenus et communiqués plus tard.

Question: Que pouvez-vous dire de l’importance du développement des relations russo-japonaises en ce sens pour la Russie?

Réponse: J’en ai suffisamment parlé. Nous prônons aussi bien le développement des relations interétatiques avec le Japon que les liens régionaux. C’est toujours le même exemple. Sous la pression de nos partenaires américains, il y a quelques années Tokyo a commencé à suspendre unilatéralement le contact dans plusieurs domaines. Nous avions dit alors qu'une telle démarche était une erreur, que nos relations devaient se développer sur tous les plans. D’ailleurs, à l’honneur de Tokyo et de nos collègues japonais il faut dire qu’ils ont trouvé la force de reconnaître la nuisance et l’erreur d’un tel silence, de l’ignorance réciproque ou unilatérale. Ils ont compris que c’était néfaste pour le Japon même. Pas pour de grands motifs politiques mais simplement parce que ce n’était pas rentable sur le plan pratique. Paradoxalement, en annonçant la politique d’isolement de la Russie, les USA eux-mêmes ont renforcé leurs relations commerciales avec notre pays. Alors que tout le commerce et la production interne en UE se sont effondrés, les pays qui ont écouté Washington et ont adhéré aux sanctions ou aux tentatives de mener une politique d’isolement ont commencé à souffrir. Quand ils ont compris qu’ils nuisaient à eux-mêmes et à leurs entreprises, tandis que ceux qui avaient appelé à le faire renforçaient leur potentiel économique, des décisions appropriées ont été prises. Notre dialogue a repris, plusieurs contacts ont déjà eu lieu au sommet et à haut niveau, des pourparlers ont été organisés. Les sujets qu’on tentait d’imposer à la société japonaise comme étant insolubles et douloureux, des sujets que la Russie ne voulait pas traiter, avancent très activement. Aujourd’hui je vous ai cité des exemples concrets.

Nous sommes favorables au développement des relations dans tous les domaines.

Question: Au Kazakhstan on a déclaré aujourd’hui que le prochain cycle de négociations prévu les 12 et 13 juin à Astana était reporté. Est-ce vrai?

Réponse: Les dates du prochain cycle de négociations à Astana sont en train d'être définies. Dès que les jours et les délais concrets seront convenus, nous vous les communiquerons.

Question: Pouvez-vous confirmer l’information rapportée par les médias américains selon laquelle le 23 juin le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov s’entretiendra avec le sous-secrétaire d’État américain Thomas Shannon?

Réponse: Nous avons déjà dit que de tels contacts étaient prévus. Pour l’instant nous ne pouvons pas encore confirmer la date exacte – elle est en train d'être fixée. Comme nous l’avons dit, l’entretien est prévu fin juin.

Question: Ces derniers temps, toutes les nouvelles et les actualités couvertes par le Ministère russe des Affaires étrangères et les ministères d’autres pays sont négatives ou tendues. Dans quelle mesure est-il plausible qu’une telle quantité de foyers de tension se transforme, à un moment donné, en guerre mondiale?

Réponse: Vous savez bien que les commentaires correspondent à la situation internationale. On peut inventer une réalité virtuelle pour y vivre sans faire attention à ce qui se passe autour mais dans l'histoire de notre pays, à une certaine étape, nous avons déjà connu des périodes pendant lesquelles les tendances mondiales n'étaient pas remarquées, on disait que tout allait bien et qu'il n'y avait pas de problèmes.

Premièrement, aujourd'hui, nous réagissons aux événements. Deuxièmement, admettez qu'on ne peut aucunement nous accuser de créer ces foyers de tension. Ils ont été provoqués ou créés, et nous avons dû réagir sur le terrain, sur le plan diplomatique et médiatique.

Je suis entièrement d'accord avec vous sur le fait que l'agenda est négatif. Malheureusement, ce sont les lois de votre genre car les bonnes nouvelles se vendent mal. Corrigez-moi si je me trompe. Il faut absolument faire quelque chose mais à vous, pas à nous. Vous savez bien que quand quelque chose explose, tombe, quand on tue quelqu'un, cela provoque une réaction immédiate. Mais quand on découvre ou qu'on lance quelque chose, ou quand le développement se poursuit simplement, tout le monde le prend comme un dû sans y accorder d'attention.

Chaque semaine, en communiquant avec les journalistes, je comprends la proportion du rapport entre la réaction aux choses négatives, graves et tragiques et les informations positives qu'il est possible d'aborder. On voudrait parler davantage des Saisons russes, de notre coopération, mais il faut réagir à la réalité.

Je suis entièrement d'accord avec vous concernant notre et votre volonté et aspiration à accorder davantage d'attention aux choses devenues routinières sans pour autant partir dans nos propres mondes virtuels en ayant conscience du monde compliqué dans lequel nous vivons.

Question: Le régime de visa de Vladivostok prévoit un séjour de 8 jours sur le territoire de la ville pour des étrangers uniquement sur le territoire du Port libre de Vladivostok. Comment surveiller les déplacements des étrangers dans la mesure où il est facile d'acheter sans passeport un billet de bus et de partir dans une autre région ou simplement en dehors du Port libre?

Réponse: Il est possible de violer ce régime physiquement, mais la prochaine fois le visa pourrait être refusé. L'infraction du régime de visa du pays d'accueil peut servir de prétexte pour refuser une nouvelle entrée dans le pays. Les individus qui reçoivent les visas en sont parfaitement conscients. Il existe des structures et des organisations appropriées appelées à nous protéger contre les personnes qui utilisent les visas à mauvais escient. Je pense que sur le territoire de Vladivostok, ces structures et organisations ne dorment pas.

Question: L'école de langues internationale de Vladivostok accueille 45 enfants sud-coréens, envoyés spécialement par leurs parents pour recevoir une éducation et apprendre le russe. En arrivant en Russie ces élèves s'imprègnent de la langue et de la culture russe, des pédagogues compétents travaillent avec eux dans ce sens. Au final, nombre d'entre eux intègrent des universités russes, notamment l'université Lomonossov de Moscou (MGU). Peut-on s'attendre prochainement au lancement d'un programme public pour une "diplomatie de puissance douce" avec l'organisation de programmes d'échange entre les écoliers, par exemple?

Réponse: Cette question s'adresse au Ministère russe de l’Éducation, où ces programmes existent ou sont mis au point.

Le Ministère russe des Affaires étrangères, y compris l'agence Rossotroudnitchestvo, contribue à l'organisation d'olympiades de russe à l'étranger par le biais des ambassades de Russie, à la venue d'élèves étudiant le russe, à l'organisation de projets sociaux, culturels et éducatifs. La question relative aux programmes éducatifs doit être adressée au Ministère de l’Éducation.

Je voudrais rappeler ou noter que nous avons un excellent endroit pour les enfants: le centre Artek, où des enfants étrangers sont très attendus, notamment ceux qui apprennent le russe. Les enfants doués qui remportent les olympiades peuvent y venir. Je suggère de contacter la direction d'Artek pour une éventuelle coopération. Il est possible de le faire entre autres via le Ministère russe des Affaires étrangères, nous pouvons vous fournir les contacts. Cela fait partie du travail d'Artek compte tenu de son potentiel fantastique pour travailler avec des enfants, y compris de différents pays.

Si vous me laissez vos coordonnées, nous vous contacterons à ce sujet.

Question: J'ai toujours pensé que vaincre signifiait attendre. Mais au sujet des relations entre la Russie et l'Ukraine, je manque de patience. On voudrait des mesures plus déterminées à ce sujet. Ou devons-nous simplement laisser passer cette période difficile de nos relations avec l'Ukraine?

Réponse: Ne pensez-vous pas que c'est précisément ce qu'ils cherchent à faire en provoquant et en poussant à bout de patience, en commettant des actes qui semblent inhumains et illogiques tels que l'adoption de quotas sur les langues, les interdictions des symboles unificateurs, les bombardements interminables du Donbass depuis leur territoire, l'atermoiement complètement indécent de l'accomplissement de leur part du travail dans le cadre des Accords de Minsk? Ils ont même cessé de se cacher. Si auparavant ils disaient faire quelque chose, aujourd'hui tout le monde est parfaitement conscient que les lois ne sont pas signées, que le blocus économique ne fait que se renforcer en prenant des formes perverses, qu'aucun système bancaire ne fonctionne en dépit des garanties de l'Allemagne et de la France données en présence des plus hauts fonctionnaires. On a l'impression qu'on cherche par tous les moyens à provoquer et à mettre la patience à l'épreuve. Mais nous devons comprendre les éventuelles conséquences des démarches irréfléchies et brusques qui paraissent, à un moment donné, justes et correctes. Il faut revenir à la réalité et comprendre qu'il y a les Accords de Minsk.

Je reçois de nombreuses lettres, électroniques et écrites, et des commentaires selon lesquels nous aurions prétendument oublié le Donbass, que nous n'aiderions pas, et qu'en voulant bien tout pourrait être réglé en un seul jour, etc. C'est complètement injuste. Vous connaissez la quantité d'aide humanitaire et de convois qui ont été envoyés sur ce territoire, les efforts diplomatiques fournis jusqu'à aujourd'hui pour débloquer la situation. On a apporté un soutien financier, humanitaire et moral. Combien de personnes, dont des enfants, reçoivent des soins, combien de représentants publics et d'ONG s'y rendent pour apporter un soutien sur place? Il faut prendre de la perspective et voir cette situation globalement.

Mais je suis entièrement d'accord avec vous sur le fait qu'ils font traîner les choses, testent la patience et jouent sur les nerfs, en comprenant qu'avec ces démarches et actions ils visent effectivement le plus douloureux.

Question: Il faudrait peut-être agir plus perfidement avec le perfide, adopter une position plus active?

Réponse: Je viens d'énumérer tout ce qui était fait. Il ne faut pas confondre une position active avec des actions qui sortent du cadre légal et peuvent conduire à la détérioration de la situation. Croyez-moi, un immense travail est fait. Certaines choses sont visibles et nous en parlons. D'autres restent l'exploit routinier quotidien des personnes qui soignent, réunissent l'aide humanitaire, l'envoient, font des reportages, vivent pratiquement pour cette cause et ne considèrent pas les habitants du Donbass comme des étrangers mais prennent leur malheur très à cœur. Je sais qu'il semble parfois qu'une seule action pourrait permettre de régler tous les problèmes mais je pense qu'il faut voir cette situation globalement et voir ce qui est fait. Or beaucoup de choses sont faites.

Question: Vaincre signifie donc attendre…

Réponse: Cela dépend. On peut attendre les bras croisés ou attendre activement en ne laissant pas ces personnes mourir, en les aidant à survivre dans cette situation et en les soutenant. Je note surtout que les médias et les réseaux sociaux ukrainiens ont cessé d'écrire "Russie", "Moscou" ou "Kremlin": ils emploient simplement le terme "Agresseur". On a tout le temps envie de leur rappeler qui a été le premier à envoyer des chars dans la région. Après tout, les chars n'ont pas été envoyés par le pouvoir légitime élu par le peuple (même si cette décision aurait été injuste du point de vue militaire ou moral, mais le pouvoir aurait au moins été légitime) mais après un putsch, un coup d’État à Kiev. C'est une "iniquité illégale", une iniquité au carré. Et on ose encore nous qualifier d'agresseur. Cet "agresseur" a nourri, soigné, envoyé ceux qui voulaient revenir, accueilli et logé ceux qui voulaient rester. Combien de personnes continuent de venir en Russie pour travailler! A Vladivostok vous le percevez moins car cela concerne davantage Moscou et les grandes villes de la Russie centrale. Ce sont des ouvriers du bâtiment, des équipes de travaux, le secteur du service, ils sont très nombreux à venir travailler chez l'"agresseur". De temps à autre leur propre gouvernement les menace d'instaurer un régime de visa avec la Russie. C'est absurde, complètement illogique. C'est encore un geste de haine envers sa propre population. Une répartition pratiquement gène par gène, qui fait que quelque chose de grand peut s'ouvrir à certains, mais pas à d'autres.

On peut attendre de différentes manières. Je pense que nous attendons de manière active en entreprenant des démarches actives dans différents domaines.

Question: Nous disons que de très nombreux événements négatifs se déroulent actuellement dans le monde. Peut-on considérer ce qui se passe aujourd'hui au Qatar comme un phénomène positif?

Réponse: Je voudrais attirer votre attention et vous proposer de lire l'histoire de la région, des relations entre ces pays au format bilatéral et multilatéral. Nous avons parmi nous des journalistes de RT d'origine syrienne. Ils peuvent également vous en parler.

Ce n'est pas la première fois que l'on assiste à des démarches aussi complexes et démonstratives dans les relations. C'est ainsi qu'il faut le voir: les pays mettent les choses au clair. En revanche le moment choisi pour cela est très complexe, compte tenu de l'activité terroriste des organisations extrémistes. Aujourd'hui la situation ne demande pas une séparation, mais au contraire une union et une consolidation. Bien sûr, Sergueï Lavrov en a déjà parlé. Il faudrait trouver davantage de points de convergence sur le terrain de la lutte contre le terrorisme au lieu d'essayer, à une période très difficile, de remettre les points sur les i, qui plus est de manière aussi démonstrative.

Nous traversons une période très difficile. Malheureusement, les querelles entre les pays profitent avant tout aux terroristes internationaux quand ils voient, par exemple, que les coalitions ne s'unissent pas, constatent la confrontation d'une partie de pays occidentaux avec les pays de la région, que les grandes puissances ne peuvent pas s'unir pour combattre la menace terroriste. Tout cela leur profite, sans oublier l'importance majeure du facteur moral. De cette manière ils peuvent mettre en avant la division entre les grandes puissances et dire que leur futur "califat", l'"État islamique", crée un ordre du jour unificateur, recrutant ainsi de plus en plus de personnes dans leurs rangs. Tout cela n'arrive pas du tout au moment opportun. Évidemment, chaque pays, chaque État souverain a le droit d'établir sa propre politique étrangère et ses propres relations bilatérales. Mais il y a aussi les réalités actuelles qui nécessitent de consolider les efforts au lieu de se diviser.

Question: Sergueï Lavrov est un grand fumeur. Les pourparlers durent parfois plusieurs heures. Comment fait-il?

Réponse: Je ne pense que ce soit un secret – je crois que le Ministre en a parlé dans une interview – il était effectivement un grand fumeur. Aujourd'hui il a considérablement réduit sa consommation à deux cigarettes par jours. C'est devenu davantage une tradition qu'une nécessité quotidienne. En effet, à l'issue des pourparlers avec ses collègues il peut entretenir une conversation entre autres avec une cigarette. Mais je le répète: sa réputation de grand fumeur relève désormais du passé.

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