15 septembre 201512:25

Allocution du Représentant permanent adjoint de la Russie auprès de l'Office de l'Onu et d'autres organisations internationales à Genève Andreï Nikiforov, au cours du dialogue avec le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Genève, 14 septembre 2015

1722-15-09-2015

  • de-DE1 en-GB1 es-ES1 ru-RU1 fr-FR1

 

Monsieur le Président,

Nous avons pris attentivement connaissance de l'intervention du Haut-commissaire et voudrions souligner que nous sommes également préoccupés par la situation en Ukraine. Comme le soulignent les rapports de la Mission d'observation de l'Onu, la liberté d'expression et de réunion est toujours restreinte dans ce pays, on constate de nombreux cas d'intimidation, de tortures et de kidnappings commis par les forces ukrainiennes. De nombreux crimes, notamment la tragédie d'Odessa, ne font l'objet d'aucune enquête.

La situation humanitaire dans la zone du conflit reste difficile et ne fait qu'empirer à l'approche de l'hiver. En dépit des appels des organisations internationales, Kiev n'a pas renoncé à l'idée désastreuse d'un blocus économique du Donbass, qui affecte surtout les groupes de population vulnérables. Il empêche le travail des organisations humanitaires et la livraison d'aide humanitaire à la population civile.

Nous sommes convaincus que le seul moyen de régler le conflit dans le Sud-Est de l'Ukraine et de réunir les conditions pour respecter les droits de l'homme dans ce pays est la mise en œuvre à part entière des Accords de Minsk par toutes les parties.

D'autre part, nous sommes extrêmement préoccupés par la dégradation de la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. La région dérive vers le chaos. Le terrorisme représente, d'autre part, le principal danger pour les droits de l'homme.

La clé permettant de régler les problèmes en matière des droits de l'homme est la coopération dans le domaine de la sécurité et l'élimination de la menace du terrorisme international. C'est précisément ce que prévoit l'initiative du Président russe Vladimir Poutine sur la formation d'une large coalition pour combattre le terrorisme grâce à la coopération des États intéressés dans ce domaine. Nous sommes convaincus que si la communauté internationale s'engageait dans la réalisation de cette initiative, la dégradation de la situation dans le domaine des droits de l'homme pourrait être stoppée, puis renversée à terme.

En parallèle, il convient de régler le conflit en Syrie sur la base du Communiqué de Genève et de renoncer aux tentatives d'utiliser les droits de l'homme et le CDH comme des instruments de pression sur le gouvernement légitime, dont l'armée se trouve à l'avant-garde de la lutte contre le terrorisme international.

Nous ne pouvons pas non plus fermer les yeux sur la catastrophe humanitaire provoquée par l'afflux de réfugiés des pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord vers le continent européen. Les origines de la crise migratoire sont flagrantes: elle résulte de l'ingérence irresponsable et irréfléchie dans les affaires intérieures d'autres États dans le but de renverser par la force des gouvernements indésirables dans la région. Nous avions tiré la sonnette d'alarme à plusieurs reprises, prévenu que cela entraînerait le chaos et le déchaînement du terrorisme, et par conséquent des souffrances et des victimes humaines. C'est ce qui s'est produit. Sachant que les populations ne fuient pas les régimes dictatoriaux, mais les groupes terroristes qui commettent des crimes atroces dans la région.

Au final, nous sommes confrontés à une crise humanitaire sans précédent aux conséquences globales pour les droits de l'homme. Il n'y a aucune explication raisonnable au comportement des pays de l'UE qui, malgré leur attachement déclaré au respect de leurs engagements humanitaires et en termes des droits de l'homme, construisent des clôtures et des murs et qui forcent les réfugiés à vivre dans des conditions inhumaines.

Nous espérons que l'Office du Haut-commissaire de l'Onu aux droits de l'homme portera l'attention nécessaire à la situation des réfugiés en Europe.

Merci de votre attention.

 

 

 

x
x
Outils supplémentaires de recherche