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26 October 201716:38

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 26 octobre 2017

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Sur la 30e réunion des dirigeants des sujets de la Fédération de Russie au Ministère russe des Affaires étrangères sous la présidence de Sergueï Lavrov

 

Vendredi 27 octobre, le Ministère russe des Affaires étrangères accueillera la 30e réunion des dirigeants des sujets de la Fédération de Russie, qui sera présidée par le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

A cette activité participeront les dirigeants des régions faisant partie du Conseil, les responsables de l'Administration du Président russe et ceux des organes fédéraux du pouvoir exécutif. A l'ordre du jour: le travail des régions avec les institutions de la société civile pour promouvoir les intérêts russes à l'agenda international. Les participants à la réunion évoqueront l'intensification de la coopération des autorités régionales avec les ONG russes. Une attention particulière sera accordée à l'appel des institutions de la société civile au travail sur les plate-formes internationales, au développement des contacts avec les partenaires étrangers, etc.

A l'issue de la réunion seront adoptées des recommandations aux sujets de la Fédération de Russie, aux ministères et aux services fédéraux concernant la formation de nouveaux formats de collaboration avec les institutions de la société civile, et le renforcement de ceux qui existent déjà.

 

Sur la visite de la Ministre des Affaires étrangères du Suriname Yldiz Pollack-Beighle en Fédération de Russie

 

La Ministre des Affaires étrangères du Suriname Yldiz Pollack-Beighle s'apprête à effectuer une visite de travail en Russie du 29 au 31 octobre.

Mardi 31 octobre, elle s'entretiendra avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov pour un échange d'avis sur un large éventail de questions figurant à l'agenda bilatéral, régional et international.

Il s'agit de la première visite de l'histoire d'un chef de la diplomatie du Suriname en Russie, ce qui est appelé à devenir un événement marquant dans le développement de la coopération bilatérale témoignant d'un élargissement progressif de nos relations avec la région de l'Amérique latine et des Caraïbes.

Pendant les pourparlers à venir, les ministres évoqueront le renforcement de la base contractuelle et juridique et détermineront les axes d'intensification de l'ensemble des relations entre la Russie et le Suriname en mettant l'accent sur le développement du dialogue politique, la coopération dans le secteur matériel et les échanges socioculturels.

 

Sur la rencontre du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec les membres de l'Association des entreprises européennes en Russie

 

Mardi 31 octobre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov prononcera un discours devant les membres de l'Association des entreprises européennes en Russie (AEB, Association of European Businesses) qui réunit plus de 500 compagnies et banques des pays membres de l'UE, de l'Association européenne du libre-échange et d'autres États exerçant leur activité en Russie. Je rappelle que les réunions dans ce format sont organisées régulièrement (la dernière date d'octobre 2016) et sont devenues une bonne tradition.

Cette année, l'événement sera consacré à l'état des relations entre la Fédération de Russie et l'Union européenne à l'étape actuelle et à leurs perspectives de développement.

Nous invitons les médias russes et étrangers à assister à cet événement. L'accréditation est ouverte jusqu'au lundi 30 octobre à 12:00. L'information sur l'accréditation est disponible sur le site du Ministère des Affaires étrangères.

 

Sur la Conférence thématique mondiale des compatriotes russes résidant à l'étranger, "Le 100e anniversaire de la révolution russe: l'union au profit de l'avenir"

 

La Conférence thématique mondiale des compatriotes russes résidant à l'étranger, "Le 100e anniversaire de la révolution russe: l'union au profit de l'avenir" se tiendra à Moscou du 31 octobre au 1er novembre. Cet événement se déroulera sous l'égide de la Commission gouvernementale pour les affaires des compatriotes et du Conseil mondial de coordination des compatriotes russes résidant à l'étranger. L'allocution du chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov est prévue pour le 31 octobre. 155 responsables et activistes d'associations des compatriotes de 92 pays ont été invités à participer à la conférence.

Les participants au forum évoqueront de nombreuses questions centrales comme la communauté étrangère russe dans la perspective historique, la préservation de l'identité russe en tant que condition de l'existence de la communauté étrangère russe, les compatriotes étrangers et le monde contemporain, l'importance de consolider et de renforcer la communauté étrangère russe.

Pendant les deux jours de travail, il est prévu d'organiser des réunions plénières, des tables rondes sur "La révolution et le Monde russe" et "Les compatriotes dans le monde contemporain", ainsi que des sections autour de thématiques telles que "La révolution russe et la communauté russe à l'étranger", "La contribution de la jeune génération de compatriotes à la préservation de la langue russe, de la culture russe et du patrimoine historique de la Russie à l'étranger", ou encore "Les médias des compatriotes dans le monde des technologies modernes".

Nous vous invitons également à cet événement. L'accréditation est ouverte jusqu'au vendredi 27 octobre à 12:00. L'information sur l'accréditation est disponible sur le site du Ministère des Affaires étrangères.

 

Sur la Conférence internationale sur la biosécurité

 

Du 1er au 2 novembre, Sotchi accueillera la Conférence internationale sur la biosécurité "Menaces globales pour la sécurité biologique: problèmes et solutions", qui réunira plus de 100 participants de 40 pays, des associations internationales et des représentants de la communauté scientifique. La Conférence est organisée par le Service fédéral de suivi de la protection des droits des consommateurs et du bien-être de l'homme en collaboration avec le Ministère russe des Affaires étrangères. Notre Ministère sera représenté par le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov.

Les délégués évoqueront l'état actuel de la biosécurité dans le monde dans le contexte de la mise en œuvre de la Convention sur l'interdiction des armes biologiques (CABT) afin de contribuer au succès des négociations dans son cadre (la réunion des États membres se tiendra à Genève du 4 au 8 décembre 2017), ainsi que le programme de travail en la matière pour 2018-2020.

Une attention particulière sera accordée aux élaborations de pointe pour la prévention et la réaction d'urgence aux menaces épidémiques, à la démonstration de la partie matérielle correspondante, ainsi qu'aux technologies et à l'expérience russe de développement de la coopération internationale en la matière à des fins pacifiques. Les participants aborderont également le thème des exploits scientifiques et techniques relatifs à la Convention, évoqueront les mécanismes de suivi et de gestion des risques dans ce domaine.

Nous invitons les journalistes à couvrir cet événement. L'accréditation est ouverte jusqu'au lundi 30 octobre à 17:00. L'information sur l'accréditation sera publiée aujourd'hui sur le site du Ministère des Affaires étrangères après la conférence de presse.

 

Sur la situation en Syrie

 

Ces derniers temps en Syrie, la dynamique observée permet de compter sur l'éventuelle normalisation de la situation dans le pays dans un avenir prévisible, sur l'éradication définitive du foyer terroriste et sur l'aboutissement à des accords consensuels entre les Syriens suivis de l'initiation d'un processus politique résultatif.

Les conditions pour cela sont actuellement créées, pas à pas, dans le cadre du processus d'Astana. La 7e Réunion internationale sur la Syrie à Astana est prévue les 30-31 octobre.

La mise en place de quatre zones de désescalade au sud-ouest de la Syrie, dans la Ghouta orientale, au nord de la province de Homs et dans la province d'Idleb et le début de leur fonctionnement ont contribué à la mise en place d'une aide humanitaire pour les personnes dans le besoin, ainsi qu'à l'engagement des premières démarches pour réparer les dégâts non seulement dans le secteur matériel mais également en termes de confiance entre les différents groupes de population. Dans les faits, les conditions ont été créées pour faire cesser le conflit fratricide sanglant. Les réfugiés et les déplacés internes ont un espoir de revenir dans leur foyer.

Les comités de réconciliation nationale ont été formés et fonctionnent, leurs membres participent au débat sur la reconstruction prioritaire des sites vitaux, la préparation à l'hiver, le retour des réfugiés et des déplacés internes dans leur résidence permanente.

On étudie la possibilité de réunir le Congrès du peuple syrien qui pourrait aider à faire passer sur le plan pratique les termes de la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies pour le processus de paix dans ce pays.

Les opérations militaires se poursuivent pour éliminer entièrement et définitivement les terroristes qui sévissent sur le territoire syrien, y compris Daech et Hayat Tahrir al-Cham (ancien Front al-Nosra).

L'opération militaire de l'aviation russe a permis d'éliminer la majeure partie du potentiel militaire des terroristes. D'après le Ministère russe de la Défense, les terroristes de Daech contrôlent aujourd'hui moins de 5% du territoire syrien. Néanmoins, les terroristes commettent encore des incursions contre l'armée gouvernementale et la population civile syrienne pour tenter de dérouler à nouveau la spirale de la violence.

Les forces armées syriennes ont libéré la ville de Qaryatayn au sud de Homs, qui avait été prise lors d'une telle incursion des terroristes. Peu de temps avant l'intervention des forces gouvernementales, Daech avait perpétré un massacre dans la ville, tuant plus de 100 personnes.

Le week-end dernier, les terroristes de Nosra et du groupe allié Faylaq al-Rahman ont bombardé les quartiers Bab Sharki, Abbasiin, Tabla et Qaymariya de Damas. On déplore des morts et des blessés parmi les civils.

Les forces armées syriennes soutenues par l'aviation russe ont élargi leur contrôle près de la ville de Deir ez-Zor des deux côtés de l'Euphrate. Elles ont pris la ville de Mayadin, important bastion des terroristes.

Dimanche 22 octobre, la "coalition anti-Daech" menée par les USA a annoncé la prise de Raqqa, considérée jusqu'alors comme la "capitale" du califat de Daech. Les leaders terroristes ont quitté la ville il y a quelques mois, suivis par des convois de terroristes ordinaires – les troupes de siège n'empêchaient pas leur sortie et, parfois, cette dernière faisait même l'objet d'un accord direct entre les parties. La ville a été prise par les unités des Forces démocratiques syriennes formées essentiellement de rebelles kurdes. Les USA et d'autres membres de la coalition apportaient un appui aérien et de feu actif.

Suite aux bombardements non sélectifs, Raqqa a été pratiquement rayée de la surface de la Terre. Selon les témoins, dont les correspondants des plus grands médias occidentaux, cette ville est en ruines et le nombre de civils tués, y compris les femmes et les enfants, est difficile à calculer.

Les autorités officielles américaines reconnaissent la mort dans les bombardements d'à peine plus de 700 personnes en trois ans de lutte contre les terroristes en Irak et en Syrie. Dans le même temps, durant la libération de Raqqa, comme l'affirment les témoins, au moins un millier de civils ont été tués, et sur les 500.000 habitants que comptait la ville avant la guerre il n'en reste pas plus de 25.000 aujourd'hui. Voilà en ce qui concerne la véracité des estimations que nous entendons de la part de nos collègues occidentaux sur ce qui se passe en Syrie et dans la région en général.

 

Sur la situation dans la Ghouta orientale

 

Dans plusieurs médias et sur les réseaux sociaux occidentaux, la situation à Raqqa n'est pas présentée de manière adéquate: une campagne prend de l'ampleur autour d'une prétendue famine dans la Ghouta orientale aux abords de Damas. On diffuse des images spécialement choisies pour susciter un impact émotionnel, on sélectionne et on combine très habilement les statistiques et les citations hors contexte à partir des déclarations de représentants d'organisations internationales.

Cette banlieue de Damas fait partie des zones de désescalade mises en place avec un rôle leader de la Russie. Pendant longtemps, elle était entièrement contrôlée par des groupes armés illégaux. Des affrontements entre différents groupes armés ont perduré jusqu'à récemment dans certaines parties de la Ghouta orientale, et certains foyers sont encore contrôlés par l'organisation terroriste Front al-Nosra.

La Fédération de Russie prône continuellement l'accroissement de l'aide humanitaire à la Syrie, organise à ces fins des contacts intensifs contribuant réellement au règlement des problèmes qui existent aussi bien dans la Ghouta orientale que dans d'autres régions du pays qui ont cruellement besoin d'aide. Nous sommes constamment confrontés au fait que le thème humanitaire est utilisé sans gêne à des fins politiques pour renforcer la pression unilatérale sur les autorités syriennes et sur la Russie, qui leur apporte un soutien dans la lutte contre le terrorisme.

En ce qui concerne la Ghouta orientale en elle-même, qui est d'ailleurs une région agraire, le "grenier" non seulement de Damas mais également d'autres régions du pays, en juillet et en août les militaires russes du Centre de réconciliation des belligérants y ont livré plus de 45 tonnes d'aide humanitaire. 42 camions ont livré une aide dans la Ghouta orientale en septembre 2017 dans le cadre de l'Onu.

De notre côté nous appelons instamment l'Onu et d'autres acteurs du champ humanitaire international à accroître l'aide humanitaire pour toutes les régions de la Syrie, Ghouta orientale y compris. Pendant la réunion du mécanisme trilatéral des consultations humanitaires au format Syrie-Russie-Onu, nous avons clairement posé la question de la nécessité d'envoyer d'urgence des convois humanitaires dans des régions concrètes, dont la Ghouta orientale.

Il faut de la nourriture, mais aussi des médicaments. Il faut des équipements médicaux et des produits pour sauver les gens dans un état grave. C'est précisément ce que ni les Syriens ni l'Onu ne peuvent acheter. Vous connaissez la raison. Ils ne peuvent pas le faire à cause des sanctions européennes et américaines sévères qui bloquent les transactions pour l'achat d'équipements techniques. On sait que l'aide médicale, y compris des cliniques mobiles et des volontaires, est fournie en abondance par différentes ONG douteuses dans les régions contrôlées par les rebelles antigouvernementaux. Mais dès que ces derniers commencent à subir une défaite, ces cliniques et ces volontaires en blouse blanche sont évacués d'urgence pour céder la place aux fameux propagandistes coiffés de "casques blancs" qui commencent leur travail.

L'objectif de cette campagne est évident: maintenir la pression sur le Président Bachar al-Assad indésirable que les superviseurs derrière les rebelles somment de partir, discréditer nos efforts pour réconcilier les belligérants en Syrie, faire échouer le processus de paix, empêcher l'apport de l'aide humanitaire à la population réellement dans le besoin, et préserver les foyers d'instabilité en Syrie.

Tout en poursuivant en parallèle un autre but: "équilibrer" l'opinion publique internationale, l'espace médiatique, car le public est choqué par la destruction presque totale de Raqqa où travaillait ce qu'on appelle la "coalition internationale anti-Daech" dirigée par les USA et agissant en Syrie sans autorisation ni invitation du gouvernement syrien légitime.

 

Sur l’évolution de la situation au Yémen

 

Je voudrais partager avec vous notre vision de l'évolution de la situation au Yémen. Force est de constater avec regret que la gravité du conflit militaro-politique qui perdure depuis plus de deux ans au Yémen ne faiblit pas. Les activités militaires les plus actives ont lieu actuellement au nord-est et dans plusieurs régions au sud du pays. Le nombre de victimes se multiplie parmi les civils, la catastrophe humanitaire s'aggrave dans l'ensemble du pays. La pénurie permanente de nourriture, de médicaments, d'eau potable, l'accès difficile aux services sociaux de base, la propagation du choléra et d'autres maladies épidémiques sont depuis trop longtemps un aspect de la vie quotidienne des Yéménites.

Dans ce contexte inquiétant, Moscou continue de prôner la cessation au plus vite de la violence au Yémen, le règlement des problèmes accumulés et des contradictions à la table des négociations, sur la base d'un large dialogue national prenant en compte les intérêts de toutes les forces politiques de ce pays. De notre côté, nous avons l'intention de continuer de contribuer à l'accomplissement de ces tâches cruciales.

Dans le même temps, nous estimons que le rétablissement au plus vite de l'unité yéménite est le gage d'une lutte efficace contre les groupes terroristes qui, profitant du vide du pouvoir qui perdure, renforcent leurs positions dans différentes régions de ce pays. Plus longtemps la société yéménite restera divisée, plus il sera difficile par la suite d'éliminer les enclaves créées par les terroristes sur le territoire de ce pays.

 

Sur la situation actuelle au Venezuela

 

Nous voudrions partager notre vision de la situation au Venezuela.

Les récents événements permettent d'espérer prudemment que la situation se stabilise. Les manifestations de rue de l'opposition, qui ont emporté la vie de dizaines de Vénézuéliens, se sont terminées. Les élections d'abords législatives, puis des gouverneurs avec un taux de participation élevé (61,4% des électeurs), ont clairement montré que les citoyens du pays étaient fatigués de la violence et étaient disposés à régler les différends politiques de manière civilisée.

Nous n'avons pas de raisons de douter de l'objectivité du vote. Selon les informations de la plupart des analystes vénézuéliens, par rapport aux élections législatives de 2015 où l'opposition avait obtenu 7,7 millions de voix, elle a reçu trois millions de voix de moins - 4,8 millions - lors des élections actuelles des gouverneurs. Avec des résultats aussi clairs il est impossible de parler sérieusement de fraude.

Il est évident que l'intolérance est de plus en plus repoussée à l'arrière-plan. Les Vénézuéliens se sont prononcés pour les moyens politiques de règlement de la confrontation intérieure en respectant l'ordre et la loi en vigueur et sans ingérence extérieure destructive. Cette approche a reçu un large soutien international. C'est également notre position initiale, que nous avons exprimée plusieurs fois à nos partenaires publiquement, ainsi que via différents canaux bilatéraux et multilatéraux.

Ce soutien international pratiquement unanime a été une puissante motivation pour entamer le dialogue à Saint-Domingue avec la médiation du Président de la République dominicaine.

Dans ce contexte, nous ne pouvons que saluer la décision de quatre (sur cinq) gouverneurs élus de l'opposition de prêter serment devant le Parlement. Nous y voyons un important signal pour l'établissement d'une coopération pratique et l'interaction de différentes forces politiques au Venezuela.

Malheureusement, la partie radicale de l'opposition a jugé que le résultat des élections des gouverneurs était incorrect. Face au déclin de l'activité protestataire après les législatives, elle a misé sur la pression exercée par leurs soutiens étrangers. Cette erreur a été suivie d'une autre: la suspension du dialogue politique, en grande partie sur suggestion extérieure.

Nous pensons que la communauté internationale et les pays se qualifiant d'"amis du Venezuela" sont appelés à jouer un rôle clef dans cette situation.

Nous ne pouvons pas être d'accord avec les déclarations qui ne sont clairement pas un appel au règlement pacifique du conflit par le dialogue mais un soutien à l'une des parties - et même une incitation directe à la violence. Le secrétaire général de l'Organisation des États américains (OEA), formant sous son "toit" des "structures de pouvoir" vénézuéliennes "parallèles", poursuit son rôle destructeur.

Quel est le danger d'une telle approche? Il est extrêmement risqué qu'une lutte politique acharnée mette en péril l'existence de l’État même. En Russie, nous l'avons vécu plusieurs fois au XXe siècle. Nous en connaissons les résultats, savons à quel point les conséquences peuvent être tragiques et à quel point il est difficile de redresser la situation. Nous ne le souhaitons à personne – ni à nous ni au Venezuela ni à qui que ce soit d'autre.

Nous jugeons absolument inadmissibles les menaces de pression extérieure sur Caracas par le biais de sanctions unilatérales, de mesures isolationnistes, de méthodes de pression et d'ultimatum. La démocratie n'est pas un objectif en soi, mais une méthode pour régler les problèmes du pays. La détermination de la forme de la démocratie à adopter est le droit souverain de tout État sans ingérence extérieure.

Le Président russe Vladimir Poutine, qui s'est entretenu le 4 octobre à Moscou avec le Président vénézuélien Nicolas Maduro, a réaffirmé l'attachement de la Russie au règlement pacifique de la crise politique dans ce pays. Nous poursuivrons la coopération, y compris dans le domaine énergétique, le secteur minier, la contribution au règlement des problèmes socioéconomiques de Caracas, notamment en fournissant du blé. Nous restons ouverts aux contacts avec toutes les forces politiques constructives du Venezuela.

Nous espérons que nos partenaires en Europe et en Amérique latine adopteront une ligne pesée sur le sujet vénézuélien, s'abstiendront de faire pression et de mener une politique de sanctions dont la contre-productivité est flagrante.

 

Sur le projet de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies sur la Birmanie

 

Nous avons noté les fausses informations répandues par certains médias selon lesquelles la Russie aurait soi-disant déjà bloqué ou compterait bloquer le projet de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies sur la Birmanie. Nous voudrions nous arrêter sur ce point.

Le Royaume-Uni et la France ont effectivement soumis un tel projet à l'examen des membres du Conseil de sécurité des Nations unies. Selon nous, il contient plusieurs points problématiques qui, en particulier, ne prennent pas entièrement en compte les réalités de l’État d'Arakan et ne reflètent pas correctement les efforts des parties intéressées pour mettre un terme à la crise. C'est précisément ce que notre délégation à New York a déclaré aux auteurs du document.

Je souligne que le travail sur le projet se poursuit. Nous sommes prêts à mener une discussion constructive sur les démarches à entreprendre par le Conseil de sécurité des Nations unies en la matière.

 

Sur la situation dans l’État d'Arakan en Birmanie

 

A cet égard, je voudrais partager avec vous la vision russe de la situation dans l’État d'Arakan en Birmanie. Dans l'ensemble, la situation en matière de sécurité s'est normalisée au nord de l’État d'Arakan. Les autorités birmanes engagent des démarches pour régler la crise, y compris en collaboration avec d'autres pays et les organisations internationales.

Nous sommes préoccupés par l'exode continu de la population musulmane de l’État d'Arakan au Bangladesh. Dans leurs contacts avec les responsables gouvernementaux sur place, qui réagissent rapidement aux messages sur l'accumulation de grands groupes de personnes à la frontière et se rendent sur les lieux pour élucider la situation, les réfugiés motivent leur décision de quitter la Birmanie par les difficultés socioéconomiques et les craintes pour leur sécurité suite aux récents événements qui ont provoqué la réduction de la population musulmane au nord de l’État d'Arakan.

Dans le cadre des recommandations de la Commission consultative dirigée par Kofi Annan, les autorités birmanes ont annoncé la création d'un "Mécanisme commun pour l'aide humanitaire, le retour des déplacés et le développement de l'Arakan" et ont formé un comité pour qu'il commence à travailler (les deux structures sont dirigées par la Conseillère d’État et Ministre des Affaires étrangères Aung San Suu Kyi). Ce mécanisme est appelé à mettre en commun les ressources et à coordonner les domaines d'activité appropriés du gouvernement: la société civile, les partenaires et les donateurs étrangers. Les objectifs prioritaires proclamés sont le rapatriement du territoire du Bangladesh voisin des réfugiés et l'aide humanitaire pour ces derniers, le retour et la réhabilitation socioéconomique des déplacés internes, le développement économique et l'établissement d'une paix durable dans l’État d'Arakan. Les milieux d'affaires locaux participent à la réalisation des éléments sociaux et économiques de ce mécanisme. Le premier projet a été lancé, il prévoit la réparation des bâtiments d'habitation et administratifs là où est concentrée l'une des minorités ethniques (Mro) dont les représentants ont été attaqués par les combattants de l'Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan.

Les activités prévues pour le recensement des représentants de la communauté des Rohingyas musulmans se poursuivent. D'après les informations parues samedi 21 octobre, au cours des deux derniers mois le Département de l'immigration et de la population de l’État d'Arakan a délivré plus de 2 600 "cartes nationales de vérification" (il s'agit de papiers d'identité provisoires) pour les habitants de plusieurs communes sur le territoire de la région.

Le commandement général des forces armées birmanes a annoncé, le 13 octobre, la formation d'une commission d'enquête spéciale pour étudier les éventuelles infractions commises envers les civils, qui auraient pu avoir lieu pendant l'opération spéciale sur les territoires des districts au nord de l’État d'Arakan en août-septembre 2017. Il est souligné que tous ceux qui seront reconnus coupables d'avoir transgressé le code militaire seront sanctionnés.

Des efforts actifs sont entrepris au niveau national dans le cadre du dialogue interreligieux afin d'assurer une coexistence harmonieuse entre les nombreuses communautés confessionnelles et ethniques du pays.

Des efforts sont entrepris pour intensifier le dialogue bilatéral avec le Bangladesh. Début octobre, le Ministre de la Chancellerie du conseiller d’État Cho Tin Swe et le secrétaire permanent du Ministère des Affaires étrangères de la Birmanie Cho Zea se sont rendus à Dacca. Mardi 24 octobre, le Ministre de l'Intérieur du Bangladesh Asaduzzaman Khan est venu en Birmanie. Des mémorandums d'entente ont été signés pour le dialogue et la coopération en matière de sécurité, ainsi que pour l'ouverture d'un bureau de liaison entre les structures frontalières des deux pays. D'ici le 30 novembre il est prévu de créer un groupe de travail conjoint avec la participation des policiers et des garde-frontières des deux pays pour contrôler les réfugiés qui prendront part au programme de rapatriement en Birmanie.

 

Sur la politique discriminatoire de l'Ukraine

 

La politique discriminatoire menée par les autorités ukrainiennes à l'égard des minorités nationales et de grands groupes de population est une question très grave activement débattue dans les médias et par le public, notamment sur le continent européen. Dans les médias, ce thème a été suivi d'informations sur de nouveaux accords des autorités ukrainiennes avec leurs voisins d'Europe de l'Est concernant l'enseignement dans les langues des minorités nationales. Confronté à un rejet brutal des termes discriminatoires de la loi sur l'éducation de la part des États membres de l'UE, le régime de Kiev tente de faire semblant que rien de grave ne s'est produit et promet à Varsovie, à Bucarest, à Budapest, à Sofia ainsi qu'à d'autres capitales que rien ne menace l'enseignement dans leur langue en Ukraine. Dans ce cas, nous avons une question: qui menace-t-elle? Contre qui sont écrites, élaborées et mises en œuvre ces nouveautés?

Je répète qu'on donne hâtivement aux pays que je viens de citer des garanties et des affirmations que leurs compatriotes et représentants ethniques plus ou moins liés à ces pays ne seront pas concernés par la situation linguistique en Ukraine. Il s'avère que toutes ces mesures sont entreprises uniquement contre la population russophone et de la langue russe. Comment cela s'appelle-t-il? Lisez l'histoire du XXe siècle, notamment du premier tiers. Vous y trouverez de nombreuses similitudes.

Je n'entends plus mais je vois désormais comment nos collègues européens rient de Moscou quand nous parlons de l'influence nationaliste vraiment forte qui grandit aujourd'hui sous nos yeux en Ukraine. Auparavant ils se moquaient en disant que c'étaient des inventions de Moscou. Non, ce ne sont pas des inventions. Aujourd'hui a commencé une phase active d'adoption de décisions qui ont précisément une base nationaliste. On peut se réunir tant qu'on veut, visiter les capitales et assurer que ces lois ne portent pas atteinte aux compatriotes des Européens, mais alors où est la réaction adéquate de ces pays européens à ce qui se passe? Où sont les questions que nos collègues européens ne se gênent pas de poser habituellement? Pourquoi ne demandent-ils pas: contre qui utilise Kiev ces lois? Quand on utilise des lois contre un groupe ethnoculturel concret, contre une lange si répandue en Ukraine, comment est-ce que cela s'appelle? Et le plus important est que la langue n'est pas répandue artificiellement, pas en envoyant des gens en Ukraine ou en déplaçant des groupes. Ces personnes y ont vécu historiquement de génération en génération, ils se sont matériellement, financièrement et culturellement investis dans l'Ukraine. La science et l'industrie nationales ont été créées par des personnes qui parlent russe. C'est par ces méthodes et mesures discriminatoires qu'un régime politique concret, derrière lequel se trouve des gens qui sont descendus dans la rue sous des slogans nationalistes, repousse aujourd'hui tout cela du territoire ukrainien.

Aujourd'hui nous en parlerons longtemps et en détail. En analysant toutes les initiatives législatives avancées ces dernières années par l'Ukraine, il devient évident qu'il s'agit d'une offensive intentionnelle contre la langue russe et les droits de la population russophone en Ukraine. Il suffit de rappeler la loi sur le cinéma permettant d'interdire la diffusion en Ukraine de films et de séries russes consacrés aux forces russes, ainsi que toute production cinématographique et télévisuelle russe ultérieure à 2014; la loi sur les quotas linguistiques à la télévision établissant un quota minimal de 75% sur la diffusion en ukrainien; la loi sur les amendements à certaines lois ukrainiennes concernant la restriction d'accès au marché ukrainien de produits imprimés étrangers avec un contenu anti-ukrainien, qui a suspendu de facto l'importation de produits imprimés depuis le territoire russe, limitant ainsi significativement le droit de la population russophone de l'Ukraine à obtenir des informations objectives dans sa langue natale; les amendements à la loi sur les tournées artistiques en Ukraine prescrivant l'obtention d'une autorisation du SBU (Service de sécurité ukrainien) pour les artistes russes; et bien d'autres au niveau de l'application de ces termes, l'interprétation et l'implémentation concrète de tout ce que j'ai mentionné. Ce ne sont pas simplement des méthodes d'un éventuel contrôle préventif. Ce sont des méthodes d'agression culturelle intentionnelle contre les personnes qui représentent un groupe ethnoculturel concret.

On établit désormais des listes noires des personnalités culturelles de Russie qui, selon les autorités ukrainiennes, "représentent une menace à la sécurité nationale" du pays. Et où sont ces fameux critères qui déterminent si les personnalités culturelles, les produits imprimés ou les films représentent une menace? Était-ce une décision consolidée de l’État ukrainien appuyée sur des référendums, sur la formation de conseils publics dont feraient partie des professionnels respectés en la matière? Rien de tel! Tout cela est décidé par une seule organisation: le SBU. Nous connaissons parfaitement ses méthodes de travail, où il recrute son personnel, qui il dirige et de quelles ressources il dispose. Nous savons aussi qu'il ne s'arrête devant rien.

Ce n'est pas seulement l'entrée des personnalités culturelles qui a été interdite en Ukraine: leurs œuvres aussi sont interdites sur le territoire ukrainien. L'accréditation des médias russes a été suspendue auprès des organismes publics jusqu'à la fin du conflit dans le sud-est de l'Ukraine. Des conditions de travail insupportables ont été instaurées pour les journalistes russophones. Vous voyez ce qui se passe, nous n'inventons rien: les kidnappings, la déportation, les interrogatoires de plusieurs heures des journalistes qui parlent russe. Par exemple, cela a été commis envers un journaliste de NTV, votre confrère, dans une rue ukrainienne. Il faisait simplement un reportage. Comme au Moyen-Âge il a été capturé suite à la dénonciation d'un homme, qui s'est mis à crier qu'il avait capturé pratiquement un espion menaçant la sécurité nationale. C'est le Moyen-Âge dans ce qu'il a de pire. Voilà ce qui a déjà été transféré des slogans à la mentalité des citoyens ordinaires. C'est déjà devenu une routine quotidienne ces dernières années de créer une telle base législative et d'intimider constamment la population. Aux Européens assis dans cette salle: imaginez-vous dans les rues de Paris, de Londres, de Varsovie, de Rome, de Madrid ou d'une autre capitale européenne un groupe de tournage qui réalise un reportage, et tout à coup un habitant local s'approche, le saisit et hurle quelque chose concernant la sécurité nationale, la menace pour le pays et appelle à l'aide la police et les services de sécurité? Pouvez-vous l'imaginer? C'est ce qui se produit aujourd'hui dans le pays que vous vouliez intégrer à l'Europe si activement. Si cela se produisait comme un simple écho de la fameuse atmosphère du Maïdan s'apaisant peu à peu, on aurait pu le comprendre. Mais c'est exactement le contraire qui se produit, tout ne fait que se renforcer. Plus nous nous éloignons de l'époque du renversement illégal du gouvernement par la "volonté de la foule", comme on nous le disait, plus l'anarchie progresse non seulement dans les rues de Kiev, mais également dans d'autres villes de cet État. Est-ce que vraiment personne ne le remarque?

Les agissements des autorités de Kiev indiquent que de facto, le pays dérive vers le totalitarisme et se transforme en État policier. Pas un État policier appelé à consolider le pouvoir à une période difficile, mais un État où la police ne se réfère pas du tout à la loi. Voilà ce qui est inquiétant. Si auparavant ce policier se référait à l'avis de maïdans ou de manifestations sociales, ce qu'on appelle la "voix du peuple", même si c'est très éloigné des notions de la démocratie, aujourd'hui c'est tombé dans une sorte d'éternité historique. Ni la loi ni le contrôle social n'influence d'une quelconque manière ce qui se passe en Ukraine. La consolidation de ces capacités, mesures et ressources punitives a lieu sans aucun appui sur la légalité.

La loi fondamentale du pays, la Constitution, qui garantit les droits des citoyens à un développement libre, à l'usage et à la protection de la langue russe et des langues des minorités nationales, a été bafouée, mise au pied du mur. Mais plus personne ne s'y réfère. Bien sûr, c'est fait au profit des sentiments populistes immédiats des nationalistes radicaux. Est-ce que c'est encore un secret pour quelqu'un? Peut-on considérer un tel gouvernement comme un partenaire fiable sur la scène internationale? Une nouvelle fois, je pose une question à nos collègues européens qui durant toutes ces années serraient des mains, accueillaient au sommet et organisaient des opérations de communication pour soutenir ce régime. Savez-vous qui vous soutenez et ce que ces hommes utilisant votre soutien font dans leur propre État? Si vous trouvez cela normal, déchirez toutes les chartes et conventions européennes sur les droits de l'homme. Il faut choisir: soit vous soutenez ceux qui n'ont aucune notion des droits de l'homme et se moquent de vos droits et des nôtres, soit vous choisissez la légalité et le droit, mais dans ce cas sans deux poids deux mesures.

Nous suggérons à nos confrères polonais, hongrois, roumains et autres, à qui Kiev promet aujourd'hui certaines exceptions précises dans la loi sur l'éducation, de ne pas faire confiance aux promesses de l'administration de Kiev. Voici un exemple: ils n'ont pas simplement promis verbalement, mais ont signé les Accords de Minsk - le monde entier a suivi les nombreuses heures qu'a duré leur mise au point. Ils ont été signés par le Président russe Vladimir Poutine et par les dirigeants des deux plus grandes puissances européennes (l'Allemagne et la France). Kiev les remplit-il? Alors pensez-vous réellement qu'en promettant verbalement des exceptions et des assouplissements pour les Hongrois ou d'autres ethnies, les autorités ukrainiennes tiendront leur parole? Un homme peut être remplacé dans un conseil local et dire qu'il n'a jamais entendu parler de tels accords. Ils vous tromperont et ne le feront pas pour la première fois, comme ils l'ont fait dans bien des domaines ces dernières années. Comme ils l'ont fait avec l'aide financière qu'ils avaient promis de destiner à la lutte contre la corruption, mais qu'en réalité ils transféraient immédiatement sur des comptes européens. Tout le monde le sait. Quelle loi sur la langue? De telles choses se produisent. Ils tromperont encore, comme ils le font constamment.

La politique sans vergogne et grossière d'ukrainisation forcée met à mal la diversité linguistique particulière et la spécificité de la société ukrainienne. Après tout, la multinationalité est la richesse de l'Ukraine. Ils n'arrivent pas à le comprendre. Ce n'est pas leur problème. C'est pourtant la base des bases de leur société. De leurs propres mains ils sapent ces fondations multiculturelles de leur société. Mais ils ne le font pas eux-mêmes. Nous savons parfaitement qui est derrière, qui finance interminablement la perception douloureuse par la société du problème linguistique - qui n'est pas un problème mais que l'on transforme pour qu'il en devienne un.

Cette assimilation forcée est contraire au concept européen de la "vie ensemble dans la diversité". Combien de fois avons-nous entendu ces magnifiques propos, combien de fois nous ont-ils été rappelés? Regardez comment tout cela est mis en œuvre en Ukraine. Y a-t-il un seul exemple montrant que cette "vie ensemble dans la diversité" a fonctionné quelque part sur le territoire de l'Ukraine? Tout cela ne correspond absolument pas aux valeurs européennes de diversité et de tolérance que l'Occident tente tout le temps de nous inculquer, sans parler de la démocratie et des normes des droits de l'homme – elles n'y existent pas. Il est attristant de voir que cette offensive globale contre les droits de l'homme en Ukraine se déroule face à l'inaction silencieuse des structures et des organisations européennes, qui étaient toujours les principaux protecteurs des autorités du Maïdan.

Où est la fermeté des principes? Un peu de promesses, un peu de chuchotages, un papier et c'est tout? Est-ce la fameuse fermeté européenne des principes pour défendre les droits de l'homme? C'est ridicule. Nous appelons une nouvelle fois les organismes internationaux des droits de l'homme à veiller de près aux événements en Ukraine, à réagir rapidement et fermement aux violations des droits de toutes les ethnies sans exception qui vivent en Ukraine.

Mais ce n'est pas tout ce que je voudrais dire dans ce contexte. Nous avons déclaré à plusieurs reprises que les actions des autorités ukrainiennes étaient contraires aux principes fondamentaux fixés dans les documents de l'Onu, de l'OSCE et du Conseil de l'Europe. Il est évident que derrière les tentatives actuelles de Kiev de s'entendre avec les États de l'UE ne se trouve pas une préoccupation quant à la situation des minorités nationales représentées dans le pays, mais l'aspiration à embellir cette situation, à garder la disposition favorable, entre autres de Bruxelles, dont les autorités ukrainiennes ont toujours profité.

La position de certains pays de l'UE, que j'ai déjà mentionnés et dont les représentants des minorités nationales sont concernés par la loi, ainsi que des "institutions européennes", représente un intérêt particulier pour nous. Vont-ils défendre jusqu'au bout les valeurs dont ils parlent tant ou passeront-ils un accord avec le régime de Kiev en se contentant des assouplissements pour "leurs" diasporas?

Si les pays concernés de l'UE se satisfaisaient d'une telle approche sélective de Kiev, alors la discrimination des représentants d'autres nations résidant sur le territoire ukrainien et notamment des Russes serait une violation flagrante et consciencieuse des conventions de l'UE et des fameuses valeurs européennes. La responsabilité reposerait alors non seulement sur Kiev, mais également sur les capitales de l'UE et avant tout Bruxelles.

A ce sujet, je voudrais évoquer l'article écrit par le professeur Dieter Segert de l'Institut de sciences politiques de l'Université de Vienne, paru dans le quotidien autrichien Der Standard.

Ce dernier indique que la nouvelle loi ukrainienne sur l'éducation appelée à consolider les positions de la langue nationale au détriment des langues dites des minorités nationales - du roumain, du hongrois, du moldave, du polonais et du russe (impressionnante minorité!) - ne fait qu'attiser le conflit politique dans le pays. Après tout, toute la communauté internationale appelle tous les signataires des Accords de Minsk à les remplir. Maintenant, comparez ce à quoi appelle cette loi avec ce que nous devrions voir à l'issue de la mise en œuvre des Accords de Minsk. Ce sont des choses fondamentalement différentes. Elles sont mêmes contradictoires.

D'après les recherches citées par Dieter Segert, le russe est utilisé par la population ukrainienne dans la vie quotidienne à peine plus rarement que l'ukrainien et ne peut être assimilé aux langues des minorités nationales qui vivent sur le territoire du pays. Cela me paraît évident. Mais le plus fantastique est que désormais, c'est évident pour de nombreuses personnes instruites en Europe qui commencent à tirer la sonnette d'alarme pour attirer l'attention sur ce fait. Mais c'est comme si Bruxelles ne le remarquait pas.

Nous sommes d'accord avec le professeur sur le fait que la loi sur l'éducation promue par les nationalistes ukrainiens n'est qu'une nouvelle tentative de diviser la société ukrainienne pour renforcer les sentiments nationalistes, et ne correspond pas aux objectifs "européens" de l'Ukraine.

Nous partageons la conviction de l'auteur que la volonté des nationalistes de supprimer le russe dans la vie sociale en adoptant la loi sur l'éducation met en évidence leur aspiration à cacher les traces de l'unité historique de l'Ukraine et de la Russie, des personnes qui ont vécu et qui vivent dans ces deux pays.

Nous voudrions noter qu'en Europe apparaissent de plus en plus souvent des chercheurs comme Dieter Segert pour qui, comme pour nous, il est évident que les actions des autorités ukrainiennes n'ont pas pour objectif de consolider la société ukrainienne et ne font que compliquer ce processus.

Le chapitre 4 de l'article 7 de la loi ukrainienne sur l'éducation définit que "dans les établissements d'éducation, conformément au programme éducatif, peuvent être enseignées une ou plusieurs disciplines en deux langues ou plus – dans la langue nationale, en anglais, ou dans d'autres langues officielles de l'Union européenne".

Cette disposition interdit de fait l'enseignement dans les institutions éducatives ukrainiennes de disciplines en russe et en moldave, qui ne font pas partie des langues officielles de l'UE (contrairement au hongrois, au polonais et au roumain).

N'y a-t-il vraiment aucun expert à Bruxelles (après tout, on dépense énormément d'argent pour eux) capable de dire qu'il s'agit d'une discrimination directe non pas d'une dizaine, mais de milliers de personnes? Est-ce que personne n'a le courage, l'honneur professionnel, le niveau d'expertise suffisant pour tirer une conclusion d'expert? Je refuse d'y croire. Chaque année se déroulent des dizaines et des centaines de conférences, de tables rondes, on invite des ONG. Elles calculent quelque chose, montrent des diagrammes. Ce n'est pas une infraction et une atteinte aux droits de l'homme, c'est une discrimination directe, un mépris des droits de l'homme et de l'ensemble des documents juridiques internationaux qui sont appelés à sauvegarder et à protéger les droits de l'homme contre la folie qui se produit actuellement en Ukraine.

Hormis d'autres restrictions décrétées par la loi ukrainienne sur l'éducation, le chapitre 4 de l'article 7 souligne son fond discriminatoire et son orientation assimilative, confirmant les transgressions par l'Ukraine de ses engagements internationaux conformément aux documents suivants.

Je voudrais énumérer une nouvelle fois les actes juridiques internationaux signés (comme on nous l'a toujours dit) par les pays civilisés, qui sont grossièrement bafoués par la nouvelle loi du régime de Kiev.

 

La déclaration universelle des droits de l'homme (1948)

 

Article 7

Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.

Article 26

3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants.

 

La Convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales (1950)

 

Article 8. Droit au respect de la vie privée et familiale

1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance.

2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui.

Article 14. Interdiction de discrimination

La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente Convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l'origine nationale ou sociale, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation.

 

Le Protocole n°1 à la Convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales (1952)

 

Article 2. Droit à l'éducation

Nul ne peut se voir refuser le droit à l’instruction. L’État, dans l’exercice des fonctions qu’il assumera dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement, respectera le droit des parents d’assurer cette éducation et cet enseignement conformément à leurs convictions religieuses et philosophiques.

 

La Convention concernant la lutte contre la discrimination dans le domaine de l'enseignement (1960)

 

Article 1

1. Aux fins de la présente Convention, le terme "discrimination" comprend toute distinction, exclusion, limitation ou préférence qui, fondée sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, l'opinion politique ou toute autre opinion, l'origine nationale ou sociale, la condition économique ou la naissance, a pour objet ou pour effet de détruire ou d'altérer l'égalité de traitement en matière d'enseignement et, notamment:

a. D'écarter une personne ou un groupe de l'accès aux divers types ou degrés d'enseignement;

b. De limiter à un niveau inférieur l'éducation d'une personne ou d'un groupe;

c. Sous réserve de ce qui est dit à l'article 2 de la présente Convention, d'instituer ou de maintenir des systèmes ou des établissements d'enseignement séparés pour des personnes ou des groupes; ou

d. De placer une personne ou un groupe dans une situation incompatible avec la dignité de l'homme.

2. Aux fins de la présente Convention, le mot "enseignement" vise les divers types et les différents degrés de l'enseignement et recouvre l'accès à l'enseignement, son niveau et sa qualité, de même que les conditions dans lesquelles il est dispensé.

 

Le Protocole n°12 à la Convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales (2000)

 

Article 1

La jouissance de tout droit prévu par la loi doit être assurée, sans discrimination aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l'origine nationale ou sociale, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation.

 

La Charte européenne des langues régionales ou minoritaires (1992)

 

Article 7. Objectifs et principes

1. En matière de langues régionales ou minoritaires, dans les territoires dans lesquels ces langues sont pratiquées et selon la situation de chaque langue, les Parties fondent leur politique, leur législation et leur pratique sur les objectifs et principes suivants:

d. La facilitation et/ou l'encouragement de l'usage oral et écrit des langues régionales ou minoritaires dans la vie publique et dans la vie privée;

f. La mise à disposition de formes et de moyens adéquats d'enseignement et d'étude des langues régionales ou minoritaires à tous les stades appropriés;

g. La mise à disposition de moyens permettant aux non-locuteurs d'une langue régionale ou minoritaire habitant l'aire où cette langue est pratiquée de l'apprendre s'ils le souhaitent.

2. Les Parties s'engagent à éliminer, si elles ne l'ont pas encore fait, toute distinction, exclusion, restriction ou préférence injustifiées portant sur la pratique d'une langue régionale ou minoritaire et ayant pour but de décourager ou de mettre en danger le maintien ou le développement de celle-ci. L'adoption de mesures spéciales en faveur des langues régionales ou minoritaires, destinées à promouvoir une égalité entre les locuteurs de ces langues et le reste de la population ou visant à tenir compte de leurs situations particulières, n'est pas considérée comme un acte de discrimination envers les locuteurs des langues plus répandues.

 

La Convention-cadre pour la protection des minorités nationales (1995)

 

Article 6

1. Les Parties veilleront à promouvoir l’esprit de tolérance et le dialogue interculturel, ainsi qu’à prendre des mesures efficaces pour favoriser le respect et la compréhension mutuels et la coopération entre toutes les personnes vivant sur leur territoire, quelle que soit leur identité ethnique, culturelle, linguistique ou religieuse, notamment dans les domaines de l’éducation, de la culture et des médias.

2. Les Parties s’engagent à prendre toutes mesures appropriées pour protéger les personnes qui pourraient être victimes de menaces ou d’actes de discrimination, d’hostilité ou de violence en raison de leur identité ethnique, culturelle, linguistique ou religieuse.

Article 10

1. Les Parties s’engagent à reconnaître à toute personne appartenant à une minorité nationale le droit d’utiliser librement et sans entrave sa langue minoritaire en privé comme en public, oralement et par écrit.

Article 13

1. Dans le cadre de leur système éducatif, les Parties reconnaissent aux personnes appartenant à une minorité nationale le droit de créer et de gérer leurs propres établissements privés d’enseignement et de formation.

Article 14

1. Les Parties s’engagent à reconnaître à toute personne appartenant à une minorité nationale le droit d’apprendre sa langue minoritaire.

2. Dans les aires géographiques d’implantation substantielle ou traditionnelle des personnes appartenant à des minorités nationales, s’il existe une demande suffisante, les Parties s’efforceront d’assurer, dans la mesure du possible et dans le cadre de leur système éducatif, que les personnes appartenant à ces minorités aient la possibilité d’apprendre la langue minoritaire ou de recevoir un enseignement dans cette langue.

Tout cela nous conforte dans l'idée que la loi ukrainienne sur l'éducation est avant tout une attaque contre l'immense communauté russophone vivant en Ukraine. Les conséquences sont diverses et elles seront multiples. Les tentatives de mener une politique de "double discrimination" de la langue russe - non seulement par rapport à l'ukrainien mais également à d'autres langues de minorités nationales résidant dans ce pays - sont tout simplement scandaleuses. Nous rappelons à Kiev que conformément aux normes du droit international, les minorités nationales doivent se trouver dans une situation égale, leurs droits doivent être garantis par les autorités à part entière et à titre égal. Mais nous ne répétons pas tout cela seulement pour Kiev, parce que nous savons qui est derrière les autorités actuelles. Nous le disons avant tout à nos collègues occidentaux. De plus, nous voudrions leur rappeler (s'ils mènent de telles négociations avec l'Ukraine) l'absence de fiabilité et l'inconstance de l'administration qui dirige actuellement l'Ukraine. Aujourd'hui ils peuvent promettre une chose, surtout oralement, mais demain ils peuvent faire exactement le contraire. Vous avez été plusieurs fois témoins d'un tel comportement.

Certains nous disent que Moscou défend constamment les droits de la langue russe en Ukraine mais qu'on ne voit pas de manifestations, de rassemblements et de mouvements qui indiqueraient qu'un tel problème existe. Pour ceux qui n'ont pas remarqué les manifestations je voudrais rappeler les slogans et les exigences qui étaient avancés par les habitants du sud-est du pays, notamment du Donbass. Relisez ce qu'ils disaient.

Vous pensez que ceux qui se trouvent actuellement en Ukraine ne manifestent pas parce qu'ils ne veulent pas ou parce qu'ils sont d'accord? Pas du tout. Ils sont tout simplement terrifiés, il leur a été montré une fois à Odessa quel sort pourrait leur être réservé s'ils s'exprimaient – ils peuvent être brûlés, fusillés, ils peuvent simplement perdre la vie puis, pendant des années, les organes judiciaires se moqueront de leurs proches, de leur mémoire, les accusant de s'être immolés eux-mêmes. Cet exemple leur a été montré. Une fois de plus tout cela s'est produit avec le consentement silencieux total pour cette anarchie de la part des collègues, des partenaires et des sponsors occidentaux des processus du Maïdan. Ils ont peur, ils sont intimidés. Les journalistes ayant des passeports étrangers et un sauf-conduit de leur État, prêts à se battre jusqu'au bout, sont arrêtés à l'aéroport dès leur arrivée. Est-ce que cela se produit uniquement vis-à-vis des journalistes russes? La même chose arrive aux journalistes européens. Et les personnes qui n'ont aucun autre passeport hormis l'ukrainien? Vous pensez qu'elles peuvent tenir éternellement? Combien de temps peut-on encore les maltraiter? Ils sont terrifiés, ils ont peur de parler. Ils voient ce qui est arrivé à Odessa, à Oles Bouzina, à d'autres journalistes russes et ukrainiens qui ne soutenaient pas la Russie mais osaient exprimer un point de vue alternatif - du point de vue du régime de Kiev. Certes, des procès sont en cours. Ils écrivent des lettres et tentent de s'exprimer, mais ils savent parfaitement ce qui arriverait si vingt, cent ou cinq cents personnes descendaient dans la rue. Le soir même, dans leur maison, viendraient des hommes masqués avec des symboles appropriés que personne en Europe ne semble remarquer non plus. Ces personnes seraient simplement écrasées, tuées, brûlées, subiraient des représailles. Est-ce que vraiment personne ne le comprend?

 

Sur la situation autour des archives du Consulat général de Russie à San Francisco, de la Représentation commerciale russe à Washington et de l'antenne de la Représentation commerciale russe à New York

 

Selon nos informations, après la pénétration des autorités américaines sur les lieux de notre Consulat général, certaines archives ont été examinées sans approbation de la partie russe, puis emballées et emportées par une entreprise privée de transport - je voudrais mettre l'accent sur ce point.

Nous avons naturellement répondu à ces actions par une note de protestation transmise à l'Ambassade américaine à Moscou et, parallèlement, via l'Ambassade russe à Washington. Ces actions de la partie américaine constituent une violation flagrante de la Convention consulaire russo-américaine du 1er juin 1964 dont l'article 17 stipule que "Les archives et documents consulaires sont inviolables à tout moment et où qu’ils se trouvent", et de la Convention de Vienne sur les relations consulaires du 24 avril 1963 (article 33: "Les archives et documents consulaires sont inviolables à tout moment et où qu’ils se trouvent"; article 27: "En cas de rupture des relations consulaires entre deux États, l’État de résidence est tenu (…) de respecter et de protéger les locaux consulaires, ainsi que les biens du poste consulaire et les archives consulaires"). Tout cela a été bafoué. Ils ne prennent probablement pas la peine de lire des traités internationaux - c'est visiblement inutile du point de vue de l'establishment américain.       

Comme la Représentation commerciale à Washington et son antenne de New York sont considérées comme des composantes de l'Ambassade de la Fédération de Russie, leurs archives sont protégées par la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques du 18 avril 1961 (article 24: "Les archives et documents de la mission sont inviolables à tout moment et où qu’ils se trouvent").

Les actions américaines torpillent évidemment les fondements du régime juridique des relations diplomatiques et consulaires.

 

Sur la situation actuelle du règlement du conflit dans le Haut-Karabagh compte tenu du bilan de la rencontre des Présidents arménien et azerbaïdjanais à Genève

  

Nous saluons la volonté affichée par les deux pays en conflit d'intensifier les négociations et d'entreprendre des mesures supplémentaires visant à réduire les tensions le long de la ligne de démarcation. Nous soutenons les efforts des coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE qui planchent actuellement sur les questions liées à l'organisation de la nouvelle rencontre des Ministres arménien et azerbaïdjanais des Affaires étrangères, qui étudieront des questions concrètes de règlement et des mesures possibles pour stabiliser la situation. Malheureusement, la situation dans la zone du conflit reste compliquée. Nous appelons Bakou et Erevan à avoir une approche constructive de la recherche de solutions aux questions irrésolues. 

 

Sur le projet de créer à Pretoria un mur de mémoire consacré aux héros soviétiques morts alors qu'ils soutenaient les mouvements de libération nationale dans les pays du sud de l'Afrique

 

Conformément à la Déclaration conjointe sur le partenariat stratégique universel entre la Russie et l'Afrique du Sud du 26 mars 2013, prévoyant des activités communes visant à préserver la mémoire historique de la coopération dans la lutte contre l'apartheid et à assurer une éducation antiraciste des jeunes générations des deux pays, l'Ambassade russe à Pretoria mène un travail destiné à immortaliser les noms des militaires soviétiques et russes morts au cours des conflits armés en Angola et au Mozambique. L'Afrique du Sud considère ces derniers comme des étapes de la lutte contre l'apartheid.

Conformément à la liste rédigée par le Ministère russe de la Défense, le "Mur des noms" situé dans le complexe de mémoire "Parc de la liberté" à Pretoria est actuellement complété de 60 noms et prénoms des militaires soviétiques et russes, qui prolongeront ainsi la liste des ressortissants d'autres pays.   

 

Sur la situation de la chaîne Russia Today aux États-Unis

 

Nous suivons attentivement le développement de la situation autour de la chaîne Russia Today aux États-Unis. Nous sommes choqués par la volonté de Washington de déformer la réalité et de rejeter la responsabilité des problèmes créés par les Américains eux-mêmes dans nos relations bilatérales - ici dans le domaine médiatique.

Ainsi, Heather Nauer, porte-parole du Département d'État américain, a récemment annoncé que la loi russe sur les agents étrangers était très différente de la législation américaine en la matière. Selon elle, en Russie la loi peut être utilisée même contre les organisations qui reçoivent des financements minimes des sources étrangères, et permet de considérer pratiquement toute activité publique comme politique. Aux États-Unis, la loi sur les agents étrangers (FARA), n'exige, d'après elle, que d'enregistrer les personnes physiques et morales impliquées dans la politique.

Nos lois sont évidemment différentes. Nous avons plus d'une fois expliqué que l'exigence des autorités américaines concernant l'enregistrement de Russia Today en tant qu'agent étranger limitait sans aucun doute la liberté du média russe, provoquait des risques liés à la sécurité personnelle de ses employés et avait un caractère manifestement sélectif et peu objectif. Car, pour une raison peu claire, cette demande ne touche pas beaucoup d'autres médias étrangers qui reçoivent des financements publics de l'étranger et mènent des activités journalistiques sur le territoire américain.       

Par contre, de nombreux médias américains, notamment ceux bénéficiant d'un financement public, travaillent depuis des années en Russie sans être touchés par la loi sur les agents étrangers - et ils sont beaucoup plus nombreux que les médias russes menant des activités aux États-Unis. Il est étrange que personne à Washington n'en sache rien. J'ignore les raisons de telles assertions publiques. Il s'agit probablement d'un manque de professionnalisme. Je ne suis pas certaine qu'ils propagent sciemment des désinformations car cela est fait par une responsable officielle et restera dans les archives diplomatiques. Mais on ne peut pas défigurer autant la réalité! Les journalistes présents ici, dont la plupart sont étrangers, savent parfaitement que les activités des médias étrangers sur le territoire russe ne sont en aucune façon touchées par loi russe sur les agents étrangers. Mais pourquoi le Département d'État ignore-t-il ce fait?

Nous appelons encore une fois les autorités américaines à cesser de rejeter la responsabilité, de propager des désinformations et de semer la confusion, ainsi que d'empêcher les médias russes aux États-Unis et américains en Russie de faire leur travail - de préférence de manière objective, mais tout le monde n'en est pas visiblement capable. A notre avis, le dialogue est le seul moyen de rechercher des solutions de compromis. Il n'existe aucune autre option.      

 

Sur les nouveaux propos antirusses du Ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson

 

Nous ne pouvons pas ignorer les nouveaux propos intéressants - à vrai dire, c'est toujours le cas avec lui - du Ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson sur la chaîne Russia Today. Ainsi, il a déclaré le 17 octobre dans son discours devant la Chambre des communes que Londres ne pouvait tout simplement pas avoir de bonnes relations avec Moscou. Je ne sais pas comment il faut l'interpréter à la lumière de sa rencontre avec le Ministre russe des Affaires étrangères à New York, où il a annoncé que nous étions voués à de bonnes relations. Il s'agit peut-être de deux personnes homonymes, mais tout à fait différentes?

Qui plus est, il n'a pas manqué l'occasion d'utiliser l'attention des médias pour diaboliser de nouveau la chaîne Russia Today: pour lui, le fait que des membres du Parti travailliste participent aux émissions de la chaîne est une "honte". "Si vous étudiez le contenu de Russia Today et examinez la situation actuelle de la presse en Russie, c'est une honte que des représentant du parti d'opposition ne cessent de justifier et de légitimer cette propagande en assistant à de telles émissions. Je suis certain qu'aucun collaborateur de mon ministère n'a rien fait de pareil", a déclaré Boris Johnson.

En général, de tels propos du chef de la diplomatie britannique ne sont plus étonnants, si l'on oublie le fait qu'une ingérence du premier diplomate du pays et du représentant de l'exécutif dans les affaires intérieures du parlement est une chose très étrange. Car c'est Londres qui souligne régulièrement la nécessité de préserver la séparation des pouvoirs et le caractère inacceptable de la pression d'un pouvoir sur un autre. Mais la russophobie grossière est quant à elle parfaitement habituelle.           

Nous ne sommes pas non plus étonnés par le fait que le Ministre britannique des Affaires étrangères altère les faits pour créer des combinaisons qui lui sont avantageuses - c'est déjà une habitude parmi ses collègues du camp occidental. Ainsi, dans son "discours d'accusation" il a oublié de mentionner que les émissions de Russia Today réunissaient non seulement des opposants, mais aussi ses collègues conservateurs tels que Crispin Blunt, David Amess, Andrew Mitchell, Charles Hendrey, David Davis, Craig Whittaker, Bob Blackman et d'autres. Qui plus est - je vous prie de le considérer très sérieusement - Stanley Johnson, père de Boris Johnson, a pris part il y un mois à l'émission Going Underground de Russia Today. Il a parlé de son livre Kompromat. Quelles est l'avis du Ministre britannique à ce sujet?

Nous voudrions également profiter de l'occasion pour attirer l'attention du chef de la diplomatie britannique, dont la visite en Russie a déjà été annoncée par Londres, au fait qu'il y a beaucoup de journalistes de Russia Today à Moscou. Il ne pourra donc pas les éviter, même s'il en avait envie. Que peut-on faire dans cette situation? Nous ne pouvons pas protéger Boris Johnson de Russia Today - nous serions obligés de priver les employés de ce média d'accéder aux événements médiatiques, ce qui est pour nous impossible: nous sommes très respectueux du droit des médias d'assister aux événements publics. Nous ne voyons qu'une seule solution: qu'il utilise une sorte de cape d'invisibilité. S'il n'en a pas, Russia Today devrait en posséder plusieurs. La chaîne pourrait donc lui offrir une cape.

 

Sur le premier Forum global des jeunes diplomates à Sotchi du 16 au 20 octobre

 

Le premier Forum global des jeunes diplomates a eu lieu du 16 au 20 octobre 2017 à Sotchi dans le cadre du Festival mondial de la jeunesse et des étudiants. Ce Forum est une plateforme unique de coopération informelle entre les employés des Ministères des Affaires étrangères.

Le résultat principal de ce travail de cinq jours, des débats réunissant plus de 110 délégués de 60 pays et des rencontres avec différents porte-paroles réside dans l'adoption des Recommandations aux participants au Forum qui contiennent notamment l'initiative de créer l'Association internationale des jeunes diplomates - et prévoit la formation d'un groupe de travail en ce sens - et d'organiser des rencontres annuelles dans le cadre du Forum global des jeunes diplomates.

 

Sur la conférence vidéo réunissant des journalistes criméens "Fenêtre sur le monde" qui aura lieu le 1 novembre

 

Je voudrais terminer la partie préliminaire de la conférence par une autre invitation adressée directement à vous - vous pourriez non seulement assister à cet événement, mais aussi y participer. Il aura lieu le 1 novembre au Centre de presse du Ministère des Affaires étrangères. Il s'agit de la réaction à la demande évoquée par les journalistes criméens lors de notre rencontre récente à Simféropol où je me suis rendue sur l'invitation des médias locaux.

Ainsi, le Centre de presse du Ministère russe des Affaires étrangères accueillera une conférence vidéo baptisée "Fenêtre sur le monde". Elle sera organisée à la demande des journalistes criméens et des correspondants étrangers par le Département de l'Information et de la Presse du Ministère russe des Affaires étrangères et l'Association des correspondants étrangers - beaucoup d'entre vous sont ses membres. Nous constatons un certain blocus médiatique des informations de la Crimée, un manque d'objectivité dans la couverture des événements sur la péninsule et une attitude très partisane des médias occidentaux envers les responsables qui parlent de la Crimée - nous voyons bien tous les rapports et reportages sur ce sujet. Nous vous proposons donc de parler directement aux journalistes criméens. Ce ne sont pas les gens qui y ont apparu suite aux événements de 2014, mais ceux qui y étaient nés et avaient vécu et travaillé bien avant. Vous pourrez parler à ces gens et leur poser des questions qui vous intéressent. L'événement réunira également des représentants des structures officielles - notre annonce indiquera les noms des représentants de ces intuitions. Dans tous les cas, il s'agit tout d'abord de vos collègues ce qui crée donc les conditions pour se parler, se poser des questions, demander des informations et s'échanger d'opinions.

La conférence commercera à 11h30. L'accréditation prendra fin le 31 octobre à 16h00.       

 

Réponses aux questions:

Question: Que pouvez-vous dire de la récente déclaration du Ministère des Affaires étrangères de la Géorgie sur la prétendue indisposition de la Russie à créer en Abkhazie et en Ossétie du Sud des "mécanismes de sécurité internationaux"?

Réponse: J'ai lu ces déclarations et elles sont effectivement très étranges, parce que nous avons commenté plusieurs fois ce sujet à différents niveaux.

D'après nous, Tbilissi sait parfaitement que de tels mécanismes de sécurité ont été mis en place dans la région depuis longtemps. A l'invitation des gouvernements de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, des contingents militaires et des garde-frontières russes y ont été déployés conformément au droit international. De plus, aux frontières des deux républiques avec la Géorgie sont régulièrement organisées des réunions entre les représentants des parties, ainsi que de l'Onu, de l'OSCE et de la Mission d'observation de l'UE en Géorgie, grâce auxquelles on parvient dans l'ensemble à prévenir et à réagir en adéquation aux différents incidents.

Mais durant les nombreux cycles de discussions de Genève, la partie géorgienne continue de répéter que, selon elle, les "mécanismes de sécurité internationaux" n'ont pas été mis en place. Elle reçoit à chaque fois les explications appropriées de la partie russe, et décline tout aussi systématiquement les projets de déclaration conjointe sur le non-usage de la force proposés par d'autres participants et coprésidents.

Nous appelons Tbilissi à renoncer à cette rhétorique de jonglage avec les formulations et à entamer enfin un travail productif. L'adoption au plus vite même d'une déclaration très générale sur le non-usage de la force permettrait d'aborder le thème principal des discussions de Genève, en conformité avec l'accord Medvedev-Sarkozy: la signature d'accords contraignants sur le non-usage de la force entre Tbilissi et Soukhoum, Tbilissi et Tskhinval.

Question: Quelle est la position du Ministère russe des Affaires étrangères concernant la nouvelle activité de colonisation d'Israël sur les territoires occupés? Pouvez-vous commenter également le récent abandon des poursuites pénales contre Akhtem Tchiïgoz et Ilmi Oumerov?

Réponse: La seconde question ne s'adresse pas au Ministère russe des Affaires étrangères mais aux forces de l'ordre compétentes.

En ce qui concerne la première question vous savez que les 17-18 octobre les autorités israéliennes ont annoncé l'approbation de plans plus ou moins élaborés visant à ériger plus de 2 000 logements. Il est question de colonies en Cisjordanie, y compris d'une colonie construite à partir de zéro, Amichaï, prévue pour loger les Israéliens évacués de la colonie d'Amona sur décision de la Cour suprême israélienne. En outre, pour la première fois depuis 2002, a été approuvée la construction de 31 logements dans la colonie située au centre de la ville palestinienne de Hébron.

Moscou est très préoccupé par les plans israéliens de construction de nouveaux logements pour les colons sur les territoires palestiniens occupés. Cette activité d'Israël n'est pas seulement illégale du point de vue du droit international, mais elle représente également l'un des principaux obstacles à l'établissement d'une paix juste, durable et globale au Proche-Orient.

Nous partons du principe que pour préserver les perspectives d'un règlement bilatéral du problème palestinien, la construction israélienne de colonies doit cesser. Cela contribuerait à la création des conditions pour mettre en place un processus de paix israélo-palestinien stable.

Question: Comment savez-vous que nous avons des capes d'invisibilité? Et pourquoi dévoilez-vous toutes les cartes?

Réponse: C'est mon travail – tout savoir et dévoiler les cartes.

Question: Le plus important est que cela ne nous porte pas préjudice.

Une société de conseil américaine travaille dans le secteur de la sécurité. Elle a reconnu la Russie comme était le premier pays "fournisseur" de combattants étrangers dans les rangs de Daech en Syrie et en Irak. Dans cette liste les pays comme l'Arabie saoudite, la Jordanie et la Tunisie restent loin derrière. La Russie peut-elle reconnaître que cette information est vraie? Comment cela influence-t-il le statut de la Russie en tant que pays qui lutte contre le terrorisme à tous les niveaux?

Réponse: Je peux consulter les spécialistes du Ministère des Affaires étrangères chargés de l'activité antiterroriste et de la coopération avec les forces de l'ordre russes concernant les chiffres dont nous disposons concernant la participation de citoyens russes à l'activité illégale des organisations terroristes, notamment celle que vous avez mentionnée.

Selon notre position fondamentale, les personnes qui participent à l'activité des organisations mentionnées sont hors la loi et sont poursuivies selon la loi russe. Le travail pour la prévention et pour les traduire en justice se déroule très activement.

Je demanderai des précisions sur les statistiques mais notre position fondamentale a été exprimée plusieurs fois. Je viens de la résumer à nouveau.

Question: Vous avez cité l'exemple d'une persécution violente de la langue russe et de la population russophone en Ukraine. Il existe un exemple positif en Azerbaïdjan: ce pays applique le programme d'"enseignement intensif du russe", il y a une école russophone, des filiales d'universités russophones, la culture russe est respectée. Comment pouvez-vous commenter un tel exemple?

Réponse: Ce que vous venez de dire est effectivement un exemple positif. Nous rapportons régulièrement de nombreux exemples positifs. Il est question de l'ouverture de centres de russe, de la politique des États qui comprennent toute l'importance du soutien du russe dans leur pays, du respect de toutes les normes législatives et résolutions à ce sujet.

Je voudrais noter une chose importante. Avant tout, le développement du russe et de tout ce qui concerne l'espace russophone dans les pays qui formaient il n'y pas si longtemps un seul État, et qui sont indépendants à présent, est important pour ces États eux-mêmes et c'est un facteur qui ne fait qu'enrichir la culture et les liens entre ces pays. C'est ce qui donne une immense base pour l'avenir dans le développement de nombreux domaines. Le second point n'est pas une proposition ou une nouveauté, mais une réaction naturelle de protection et plutôt, en l'occurrence, de maintien et le respect des droits des hommes (il faut les protéger en Ukraine) qui pendant des années, de génération en génération, parlaient russe en enrichissant par leur vie, leur expérience et leur travail le pays où ils vivaient. Ce n'est pas quelque chose d'artificiel qu'on cherche à imposer de l'extérieur aux pays qui développent la langue russe. C'est une réaction à la réalité, qui est protégée par la loi.

Il faut régulièrement couvrir ce thème en rapportant les événements. Nous le faisons sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères et pendant les conférences de presse, mais nous le ferons plus souvent.

Question: Pouvez-vous commenter la réunion des présidents de la Russie, de l'Azerbaïdjan et de l'Iran prévue le 1er novembre?

Réponse: Par tradition, les sommets et leur format sont commentés par l'Administration du Président russe.

Question: A quel stade se trouve la préparation des documents pour saisir le tribunal concernant les manipulations de la propriété diplomatique russe par les USA? Dans une interview à la chaîne NTV en septembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré qu'une consultation avec les avocats était en cours et qu'un travail était mené, sans pour autant rien annoncer de concret. Qu'en est-il aujourd'hui?

Est-ce que les parents du journaliste russe Roman Manekine, dont on dit qu'il a récemment disparu en DNR, vous ont contactée?

Réponse: En ce qui concerne la seconde question, personnellement je n'ai reçu aucune requête. Je demanderai s'il y a eu des requêtes au niveau du Ministère et notamment du service de presse.

Quant à la première question, la Russie poursuit la préparation du dépôt de plainte contre les actions illégales et inadmissibles envers sa propriété diplomatique (les sites russes sur le territoire américain). Pour répondre à votre remarque concernant les déclarations précédentes dénuées d'aspects concrets, je dirai qu'on pourra parler de choses concrètes quand seront choisis les partenaires, les structures et les organisations juridiques qui seront directement chargés de cette question. A l'étape actuelle, toutes ces questions sont à l'étude.

En termes d'informations officielles à ce sujet, nous vous en informerons mais je ne peux pas répondre plus concrètement pour l'instant. La question est à l'étude, non pas de manière philosophique mais appliquée. Un travail concret et substantiel est mené. Nous fournirons des informations concrètes dès qu'elles apparaîtront.

Question: En décembre 2016, je vous avais demandé un commentaire au sujet des journalistes biélorusses arrêtés. A l'époque le Ministère russe des Affaires étrangères avait soutenu la position d'Alexandre Sourikov, Ambassadeur en Biélorussie, qui disait qu'il s'agissait de journalistes très radicaux et avait appelé à ne pas confondre la liberté d'expression avec le radicalisme. Par la suite, il s'est avéré que ces journalistes n'étaient pas si radicaux et n'avaient pas prononcé les mots "sous-peuple" et "sous-langue" comme l'affirmaient les médias biélorusses. De grands spécialistes en linguistique ont étudié leurs articles et n'y ont trouvé aucun signe d'extrémisme. Roskomnadzor a vérifié la conformité des publications de ces auteurs dans les médias russes avec la loi russe: le service n'a pas non plus trouvé d'infractions. La position du Ministère russe des Affaires étrangères a-t-elle changé dans cette affaire? Engagera-t-on des actions concrètes pour protéger les droits des journalistes qui sont en détention depuis plus de 10 mois sans la possibilité de voir leurs proches (cette opportunité a été accordée seulement récemment)? Ils risquent jusqu'à 12 ans de prison pour rien.

Réponse: Nous avons commenté plusieurs fois cette situation aussi bien à la demande des médias russes, aussi bien à notre initiative qu'en réponse aux questions. Nous savons que l'affaire des poursuites engagées par les autorités biélorusses contre les citoyens biélorusses qui ont coopéré avec des médias russes, y compris ceux que vous avez mentionnés, pour «incitation à la haine raciale, nationale, religieuse ou sociale» a été transmise au tribunal de Minsk.

Nous voudrions appeler les autorités biélorusses à adopter l'approche la plus responsable dans l'examen de cette affaire pénale en respectant rigoureusement les engagements pris par le pays notamment en matière de respect de la liberté d'expression.

Question: Prévoit-on un entretien entre les ministres des Affaires étrangères de la Russie et du Japon en marge du sommet de l'APEC? Je voudrais également avoir des précisions sur la date concrète des pourparlers entre les deux ministres à Moscou fin novembre.

Réponse: Je n'ai pas d'informations sur la première question. Quant à la seconde, dès que les dates et le format des pourparlers seront convenus avec les autorités japonaises, ainsi que leur calendrier d'annonce dans les médias, nous vous en informerons.

Question: Aujourd'hui devait paraître le rapport d'enquête sur l'attaque chimique de Khan Cheikhoun. Jusqu'ici, les rapports présentés suscitaient plus de questions qu'ils n'apportaient de réponses. Qu'attendez-vous de celui-ci? Fera-t-il la lumière sur les événements? Reflétera-t-il le fait que les USA ont reconnu l'usage de l'arme chimique par les terroristes?

Réponse: Nous attendons de tous les rapports qui sont préparés par les organisations spécialisées qu'ils soient objectifs. Ces derniers jours, le site du Ministère russe des Affaires étrangères a publié un grand nombre d'analyses et de commentaires à ce sujet et sur des questions similaires. Il est impossible de commenter le rapport avant sa sortie et avant que les experts n'en prennent connaissance. Nous partagerons notre réaction dès que nous l'aurons étudié.

Bien sûr, nous avons attiré l'attention, comme l'a évoqué en détail le porte-parole du Ministère russe de la Défense Igor Konachenkov, sur l'information officielle de nos collègues américains d'après laquelle, selon les estimations actuelles, l'arme chimique se trouvait entre les mains des groupes terroristes. Le plus important est que par la suite les représentants américains eux-mêmes n'oublient pas leurs 'expertises officielles.

Nous en avons parlé plusieurs fois en apportant des faits confirmés par les témoins oculaires et les médias se trouvant à proximité immédiate. Nous avons recueilli les informations pour les transmettre à l'Onu. A l'étape actuelle, en résumé, je voudrais dire que nous attendons de l'objectivité. C'est ce qui est nécessaire aujourd'hui pour nous, mais aussi pour la communauté internationale globalement compte tenu du grand nombre de désinformations parues à ce sujet.

J'attire une nouvelle fois votre attention sur la déclaration du Ministère russe de la Défense constatant que les Américains avaient enfin reconnu que les groupes terroristes disposaient de l'arme chimique.

Question: Le 19e congrès du Parti communiste chinois vient de se terminer et sa résolution finale a annoncé que la Chine suivrait immuablement la voie du développement pacifique et contribuerait à la construction d'un nouveau système de relations internationales sur la base du respect réciproque, de l'honnêteté et de la justice. Que pouvez-vous dire à ce sujet? Quand aura lieu la visite du Premier ministre russe Dmitri Medvedev en Chine? Quel est l'objectif de cette visite? Quelles questions seront évoquées?

Réponse: En ce qui concerne votre deuxième question, je vous suggère de vous adresser au service de presse du Premier ministre russe.

Quant à la première question citant les décisions prises, la voie pacifique annoncée à nouveau au profit du développement pacifique, de la coopération, du renforcement des relations amicales – c'est la position traditionnelle de la Chine sur laquelle elle construit, entre autres, ses relations bilatérales. C'est la base que la Chine défend sur la scène internationale. Bien sûr, nous ne pouvons que saluer une telle approche des autorités et du peuple de la Chine.

Question: La longue visite en Russie de la directrice du Département Amérique du Nord du Ministère nord-coréen des Affaires étrangères Choe Son Hui vient de se terminer. Cette dernière a participé à la Conférence de Moscou sur la non-prolifération et a visité Saint-Pétersbourg. Nous voudrions savoir si elle a rencontré des représentants du Ministère russe des Affaires étrangères pour évoquer la situation sur la péninsule coréenne?

Réponse: Je demanderai des précisions à nos experts pour vous fournir aujourd'hui cette information.

Question: La Maison blanche a récemment annoncé que le Président américain Donald Trump comptait déclassifier les informations sur le mystère du siècle – l'assassinat de John Kennedy. Les médias rapportent que Lee Harvey Oswald, qui avait étudié à Minsk en URSS, s'était rendu plusieurs fois au Mexique pour rencontrer des expions cubains et soviétiques. Cela prête à croire que des accusations seront avancées contre la Russie, l'URSS, pour l'assassinat du président.

Réponse: Et de cela aussi?

Question: Probablement. Avez-vous un avis ou des informations à ce sujet?

Réponse: Honnêtement, il est terrible d'imaginer que ce thème puisse être présenté dans un sens aussi fanatique, selon moi. C'est ainsi que j'interprète votre question. Je pense que c'est une affaire souveraine des USA. Je comprends parfaitement l'attention portée à ce sujet de la part de la communauté internationale, des historiens, des politologues qui tentent d'obtenir la vérité depuis des années. Pendant des décennies l'information était confidentielle. Mais si à présent on commence à faire des insinuations incroyables mêlant la Fédération de Russie, on ne peut que le regretter. On voudrait de l'information et non de la désinformation.

Je ne suis que troublée par la formulation de la question. Je ne pensais même pas possible de pervertir ainsi ce sujet.

Question: Les amendements à la loi sur l'interdiction de la propagande du communisme et d'autres régimes totalitaires sont entrés en vigueur en Pologne. D'ici 12 mois, 450 monuments, dont 230 aux soldats de l'Armée rouge, doivent être démantelés en conséquence de ce texte. Que fait le Ministère russe des Affaires étrangères à ce sujet? Mène-t-on des négociations avec les autorités polonaises? Il faut expliquer au public ce qui se passe.

Réponse: Nous informons régulièrement le public des actes commis à l'égard des monuments qui immortalisent la mémoire des soldats non seulement de l'Armée rouge, mais également des armées nationales dans les pays où se sont déroulés des combats acharnés pour leur libération du fascisme.

Je voudrais attirer une attention particulière sur ce point parce que certains pensent qu'il s'agit uniquement de monuments aux soldats russes et soviétiques, mais ce n'est qu'une semi-vérité: y sont gravés les noms d'hommes dont la mémoire appartient également à d'autres pays et doit être protégée par ces pays. De nombreux monuments ont été érigés en signe de gratitude et au nom des États où ils sont installés à la demande des associations et de la population. Il faut tenir compte de tous ces éléments. Il n'est pas seulement question du fait que la Fédération de Russie défend la mémoire de ses soldats, mais du fait que nos soldats ont combattu épaule contre épaule avec les soldats des pays où se trouvent ces monuments. De nombreux descendants vivent aujourd'hui dans d'autres pays, par exemple dans l'espace postsoviétique.

Bien évidemment ce thème est prioritaire pour nous. Avant que cette loi ne soit adoptée nous avons déclaré plusieurs fois que nous suivions l'évolution de la situation, que nous étions en contact permanent avec les autorités polonaises, que nous disions qu'il s'agissait d'une grave erreur. Nous réagirons par des mesures appropriées, symétriques ou asymétriques – nous verrons. Plusieurs versions sont à l'étude. Nous allons choisir ce qui sera mis en application. Tout dépendra de la mesure dans laquelle cette loi sera appliquée. Cela demande une analyse.

Je ne peux pas accepter votre reproche. Ce thème est évoqué à chaque conférence de presse. Pas toujours dans le contexte de la Pologne, mais nous mentionnons toujours le thème des monuments.

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